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Table ronde 2017

18 septembre 2017

 

 

TP 34 - décembre 2007

Le covoiturage est possible contactez nous par mail

 

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Activités à venir…..

2 octobre 2014

 

 

Dimanche 12 octobre 2014 – De 11H00 à 18H00 aura lieu la 8ème journée nationale et identitaire à RUNGIS (94)

 

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Programme :

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Dimanche 7 décembre 2014 – Dès 10H00 se tiendra la 19ème table ronde de Terre & Peuple à RUNGIS (94)

Terre et Peuple 2014

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Nous comptons sur votre participation.

Merci de prendre contact afin de gérer au mieux le co-voiturage.

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Cybermenaces… ou cybermenacés ?

14 juin 2014

Finis les livres dangereux, finies les radios pirates, maintenant nous sommes à l’ère du risque numérique : permis Internet, encadrement des réseaux sociaux, nouvelles lois contre les « cybermenaces »,… VALLS veut un flicage intégral du net.

 

En janvier dernier, pour sa sixième édition, le Forum International de la Cyber-sécurité (FIC), organisé à LILLE par la Gendarmerie Nationale, a été inauguré par le ministre de l’Intérieur Manuel VALLS. Dans son discours, le ministre a brièvement rappelé que l’Etat était là pour « protéger » la liberté d’expression sur Internet, puis il a longuement expliqué comment il allait la réduire. Revenant sur l’un de ses sujets de prédilection depuis des semaines, il a explicitement mentionné l’affaire DIEUDONNE, pour réaffirmer son « refus de la banalisation des discours de haine », et sa volonté d’intensifier la lutte contre la diffusion de messages racistes et antisémites. Devant une audience composée en bonne partie de gendarmes, il a rappelé le travail effectué par les autorités françaises en direction des réseaux sociaux, en prenant l’exemple de Twitter: « Grâce à la concertation conduite avec cet opérateur, des engagements de sa part ont pu être obtenus, concernant la suppression des contenus illicites. Twitter a mis en place des techniques permettant de restreindre l’affichage de contenus prohibés dans les seuls pays où ils sont illicites – je pense aux contenus xénophobes et discriminatoires, illicites en France, mais pas aux Etats-Unis. »

Le ministre de l’Intérieur a ajouté que Twitter avait accepté de collaborer (le mot est lâché…) activement avec les autorités françaises en matière de surveillance : « Twitter s’engage à procéder au gel des données d’enquête sur simple courriel, sans aviser les utilisateurs si les enquêteurs demandent expressément à ce que ces mesures restent confidentielles. » Quand cet accord sera définitivement mis en pratique, il s’agira d’une avancée importante pour la police française. En effet, aux Etats-Unis, Twitter s’est déjà battu contre ce type d’injonctions, avec succès. Après un long combat judiciaire dans le cadre de l’affaire WikiLeaks, Twitter a obtenu le droit de prévenir ses utilisateurs quand le FBI saisit leurs données personnelles, même si les policiers auraient préféré que la saisie reste secrète. Une fois prévenu, l’internaute visé peut ainsi préparer sa défense plus efficacement.

En outre, Manuel VALLS a précisé que la police française allait pouvoir obtenir ces données personnelles très facilement, « sur simple réquisition, pour les affaires d’une particulière gravité, qualifiées de « serious crime » » (en anglais dans le discours). Il a également annoncé que Twitter acceptait d’exercer directement une forme de censure partielle : « le déréférencement des hashtags à succès, mais illicites, quand ils apparaissent dans les « Tendances » de sa page d’accueil – l’objectif étant de « limiter leur résonance. De telles mesures ont déjà été prises à la demande des autorités ou d’associations françaises telles que SOS Homophobie. »

Mais Twitter n’est pas le seul à être dans le collimateur. La France est le cinquième pays au monde qui interroge le plus Facebook, en ayant fait parvenir 1.661 demandes d’informations à Facebook, concernant 1.845 comptes d’utilisateurs au 2ème semestre 2013 ! Un tiers des requêtes sont satisfaites rapidement. Pour les deux autres tiers, Facebook se fait prier et prône une certaine liberté d’expression. Attitude qui sera bientôt dévolue.

Par ailleurs, Facebook indique avoir bloqué en France l’accès à 80 contenus susceptibles de violer les lois françaises interdisant la négation de l’Holocauste. Il s’agit à peu près des mêmes contenus que ceux bloqués pour les mêmes raisons en Allemagne (84 contenus) et en Autriche (78 contenus). Seulement douze pays dans le monde ont imposé le blocage de certains contenus qui ne violaient pas, par ailleurs, les conditions d’utilisation de Facebook et qui sont donc restés en ligne pour les autres pays.

Enfin, Manuel VALLS évoquait sans plus de détails, l’extension du champ de l’infiltration numérique, de la captation des données, arguant vouloir protéger la vie privée et la liberté d’expression en organisant les conditions juridiques de leur limitation… Bienvenu au pays des Droits de l’Homme….

Il a également fait savoir que le « formulaire de signalement public », permettant à n’importe qui de dénoncer un contenu considéré comme indésirable, serait rendu plus facile d’accès.

Avec le PS au pouvoir, nous voilà revenu aux heures les plus sombres de l’Histoire françaises : celles de la délation et de la collaboration….

Cybermenace 002L’affaire DIEUDONNE, ainsi que les manifestations contre le mariage pour tous, auront au moins eu un mérite : montrer les véritables intentions de Manuel VALLS en matière de libertés publiques. Après avoir restauré la censure d’État et réduit la liberté de parole humoristique, il s’attaque maintenant à la liberté d’expression sur Internet.

Certes nous savons que la situation sociale en France se dégrade : crise économique, autisme du gouvernement, forte contestation sociale et démocratique contre les grands projets inutiles, forte méfiance des français en général à l’encontre d’un gouvernement qui se dirige à l’aveuglette et rampe devant les lobbys. Nous savons également que le gouvernement commence à avoir, grossièrement parlant, « les boules ». Aussi, ce coquin de VALLS a compris que le formatage des consciences, pour être efficace, doit être mis en œuvre le plus tôt possible. Les élèves de fin de primaire auront donc droit à un programme de « sensibilisation » sur les dangers d’Internet, initié par la Gendarmerie Nationale et Axa Prévention. Et avis à ceux qui décident de passer outre les barrières de la censure (comme si la profusion des lois anti-cybercriminalité votées depuis 10 ans ne suffisaient pas), le Ministre a annoncé la création, d’ici à quelques mois, d’un « arsenal juridique complet et solide » fortement dissuasif.

Pas de liberté pour les ennemis de la liberté….

Depuis décembre 2013, les gendarmes des 38 Brigades de Prévention de la Délinquance Juvénile (BPDJ) se déplacent dans les écoles pour lancer l’opération. Ces gendarmes, experts de la prévention en milieu scolaire, dispensent une sensibilisation en préambule de la formation. Ils remettent ensuite aux enseignants le kit pédagogique complet pour qu’ils prennent le relais de la formation.

A l’issue de ces sessions, le Permis Internet est remis à chaque enfant afin de marquer son engagement solennel à être un internaute responsable, en présence du Maire, des gendarmes, des enseignants, des représentants d’AXA Prévention et des parents : une chaîne unie pour accompagner les enfants dans un usage sûr et responsable d’Internet.

Reste à définir ce qu’ils entendent par « sûr et responsable »… Infantilisation d’un côté, politique du bâton de l’autre. Manuels VALLS a demandé à ses services (DGGN, DGPN) de lui proposer dans les prochains mois « une stratégie de lutte contre les cyber-menaces, ainsi qu’un plan d’action », le pire reste donc à venir, nous ne cessons de le dire !

« Seule une démarche globale peut nous permettre de prendre la mesure d’une menace globale », a considéré Manuel VALLS. « Cela passe par une démarche décloisonnée entre les différentes matières et les services ». Le message est clair : Internet ne doit pas échapper à la surveillance de l’Etat et doit être régulé. Comme nous l’avons vu, c’est déjà le cas pour Twitter et Facebook, et Christophe BARBIER[1] de rajouter : « les Chinois y arrivent bien »… Voilà donc le grand modèle de démocratie qui nous attend…..

Récemment encore, au cours d’un entretien avec Libération, VALLS fut interrogé sur les moyens de contrer « les candidats au jihad qui baignent dans la culture Internet ». La réponse fut la suivante : si le réseau « est devenu un vecteur de propagande, de radicalisation et de recrutement pour le terrorisme d’inspiration jihadiste mais aussi pour l’extrême droite », il s’avère également être « un lieu d’échange pour les terroristes ».

Néanmoins, se voulant rassurant, il ajouta : « Internet fait l’objet d’une veille très active de la part de nos services qui aboutit à des poursuites judiciaires à l’encontre des administrateurs des sites concernés ».

 

En dernier lieu, un rappel sur le bon usage de Facebook s’impose. C’est à ce jour le réseau social le plus en vogue. Le mieux est de ne pas avoir de compte. Quant à ceux qui ne peuvent s’en passer, tâchez d’être discrets ; pour vous en priorité, pour votre avenir, mais aussi pour bloquer toute action de l’état à votre encontre et à l’encontre de votre clan. Vous payez des impôts ? Alors ne soyez pas idiots, ne mâchez pas le travail de la DCRI !

Sachez que des milliers de comptes Facebook sont visités plusieurs fois depuis des adresses parisiennes qui correspondent, entre autres, aux sièges de casernes de CRS ou d’antennes de la DCRI. Les services d’investigation et de renseignement se sont en effet rendus compte de l’importance des réseaux sociaux et de la « lutte 2.0 ». Seulement, ils n’ont pas prévu quelque-choses : Facebook permet de tracer ses connexions !

Les visites suspectes ont eu lieu à partir de LEVALLOIS (siège de la DCRI), ARGENTEUIL, ARCUEIL, VELIZY-VILLACOUBLAY (direction zonale des CRS de PARIS), NEUILLY-PLAISANCE, ROSNY-SOUS-BOIS (Centre National de Formation aux Systèmes d’Information et de Communication basé au Fort de ROSNY, etc…).

Pour savoir si vous êtes espionné, c’est tout simple :

  1. Ouvrez Facebook ;
  2. En haut à droite, sur la barre bleue, cliquez sur le petit cadenas ;
  3. Dans le menu déroulant, cliquez sur « afficher plus de paramètres » ;
  4. A gauche, cliquez sur le petit bouclier à coté de Sécurité ;
  5. Dans le choix de menus, cliquez sur « Modifier » dans la rubrique « Où vous êtes connecté(e) ».

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Facebook affiche alors les lieux des dernières connexions (en fait l’antenne la plus proche du lieu où vous vous connectez) ainsi que les périphériques avec lesquels vous vous connectez. Si le lieu de la connexion – ou l’appareil utilisé – vous paraît incongru, ou que vous ne vous souvenez pas de vous être connecté ce jour-là, arrêtez la connexion et changez de mot de passe. Idéalement, abandonnez ce compte à tout jamais pour un autre plus sécurisé.

 

Dans tous les cas, n’oubliez jamais que dès que vous êtes sur la toile…………..big brother is watching you….

 

[1]  Journaleux politique, véritable shabbat goy, passé par Le Point (1990) et Europe 1 (1995), il devient chef du service politique de L’Express en 1996, puis directeur adjoint de la rédaction en 2001. En août 2006 il devient directeur de la rédaction de L’Express. Le 18 octobre 2008, à PARIS, il épouse Yamini KUMAR-COHEN, directrice de la communication d’Hermès.

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solstice 2014

4 juin 2014
Très chers Kamarads,
    
L’année avance et va bientôt atteindre son Zenith.
Il est temps pour notre communauté de se rassembler et de fêter leSolstice d’été.
 
Cette année nous ferons celà le 21 juin.
 
P.A.F. 25 € comprenant la soirée, la boisson, ainsi qu’un merveilleux cochon à la broche et ses accompagnements.
Bien entendu, les enfants ne paient pas.
 
Attention, l’endroit de nos bachanales changera cette année. Aussi, un point de rendez-vous, à 18h00, vous sera communiqué la veille.
 
Pour des raisons d’organisation, merci de confirmer votre présence par mail à l’adresse du blog avant le 16 juin minuit.
 
 terreetpeuplealsacecontact@gmail.com

 

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Le Grand Ballon

27 mai 2014

Amis Wandervogel bonjour,

Force est d’admettre que la randonnée passée fut vraiment particulière... Sont-ce les auspices cléments de la météo ? L’envie de fuir le restaurant avec maman le jour de sa fête ? Ou encore vos réflexions sur les propos de Bernard OLLIVIER (la marche ramène le regard à une juste dimension, apprend à gouverner le temps. Le marcheur est un roi. Un roi qui souffre d’être à contre-courant, mais qui a choisi, pour aller mieux, les grands espaces plutôt que le divan des rebouteux) ?

Seuls les Dieux le savent, toujours est-il que notre équipe, constituée de deux valeureux éléments de pointe partis en reconnaissance, s’est rapidement retrouvée dépassée par l’entendement. Passé la centaine, nous avons été contraints d’arrêter de compter les participants et de tâcher de poursuivre la marche tant bien que mal, tant les volontés étaient fortes !

Balade monde

Le monument BRUN a été passé rapidement, rares sont ceux qui sont allés lire la plaque relatant que ce monument fut édifié en souvenir d’un fait historique se déroulant en 1914. Gaston BRUN, né en 1890 à Herrlisheim, jeune ingénieur français s’était porté volontaire pour aller espionner les lignes arrières allemandes dans le haut du Florival. En revenant sur les positions françaises pour faire un rapport il fut tué par erreur par une sentinelle française le 5 octobre 1914 !

La montée par le sentier des cascades du Seebach fut très revitalisante.

Grand Ballon 0005

Malgré la dangerosité et l’escarpement du chemin, une file ininterrompue de volontaire avançait en lacet vers le lacdu Ballon.Balade monde 3

A notre arrivée au lac, nous pensions faire une pause bien méritée et rappeler aux nôtres la légende du chariot d’or d’Attila englouti au fond du lac, mais nous n’en eûmes pas eu le temps! Devant nos yeux encore éberlués, nous assistâmes à un curieux phénomène : une centaine de jeunes athlètes, au corps d’Apollon et tatoués à foison a commencé à se déshabiller. Ils ont mis leurs affaires dans leur sac, leurs sacs dans des sacs poubelles et les voilà partis à la nage à travers le lac !

Nage lac

Devant un tel déferlement de volonté et de courage, le chariot d’or d’Attila n’avait qu’à bien se tenir…

Finalement, seuls les deux éléments de pointe du début, courageux mais pas téméraires ont fait le tour du lac à pied et ont commencé l’ascension en zigzag vers le col du HAAG. Ces derniers pensaient y arriver tranquillement avant les autres et s’attabler en terrasse autour d’une boisson. C’était mal connaître l’équipe qui non seulement les talonna, mais surtout les rattrapa et les contraignit à ne pas s’arrêter avant l’arrivée au sommet du Grand Ballon.

Balade monde 2

Ce jour-là, du haut de ses 1.424 m la vue n’était pas merveilleuse, mais vallait tout de même la peine d’y monter.

Grand Ballon 0010

Après avoir soufflé quelques minutes, nous repartîmes en direction de la ferme du ballon. C’est à quelques centaines de mètres de cette ferme, au milieu des chaumes, que nous avons fait une pause repas plus que méritée.

Nous passâmes ensuite devant la ferme du Ballon, puis celle du Roedelen qui par son éloignement et sa solitude fait tout le temps craindre le pire aux randonneurs…  Puis nous arrivâmes au Gustiberg. Fort heureusement les tenanciers n’avaient plus de dessert à offrir à notre Korps Franc, sans quoi il eut été fort difficile de continuer !

 

A voir un tel débordement d’énergie, un tel acharnement à gravir les sentiers sans halte et surtout le nombre fabuleux des Volontaires, nous ne pouvons plus nous permettre d’organiser de marches telles que nous le faisions jusqu’à présent.

Aussi, pour des raisons évidentes de sécurité, Terre et Peuple Alsace se retire de toute organisation de randonnées.

Les prochaines se feront uniquement dans un cadre personnel, sur invitation, et après consultation de chacun.

Merci pour votre compréhension,

les organisateurs.

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Seppi tag en Milhüsa

19 mars 2014

A vous, Kamarades travailleurs, ouvriers et tâcherons, soyez fiers de votre labeur et faites-le avec plaisir et passion.

Ne vous laissez pas tenter par les sirènes syndicalistes ou les lanternes communistes qui dans leurs sillages drainent l’ombre de 100 millions de morts.

L’unique issue à vos appels incompris se trouve dans un renouveau de notre Terre et de nos Traditions.

Aussi en voici une qui vous est spécialement dédiée.

 

Le 19 mars est le jour de la Saint Joseph. En alsacien, on a l’habitude de mettre un -i à la fin des prénoms : Auguste devient Güsti, Bernard devient Berni ou encore Joseph devient le célèbre Seppi. Ainsi, la Saint Joseph se dit en alsacien : « Seppi tag ».

Charpentier de son métier, Saint Joseph travailla pour subvenir aux besoins de Marie et de Jésus. Il initia le « fils de Dieu » aux travaux des hommes. C’est pour cela qu’en 1955, le Pape Pie XII a institué la fête de Saint Joseph travailleur le premier mai en plus de sa fête du 19 mars. Saint Joseph est le patron des charpentiers, des bûcherons, des artisans, des charrons, des ébénistes, des ingénieurs, des sonneurs de cloches et des travailleurs manuels en général. Il est le modèle et le protecteur des travailleurs chrétiens. On le prie pour obtenir la grâce de trouver un emploi ou pour bénir tout ouvrage et tout travail qu’on lui aura confié. Dans le canton de Schwytz, en Suisse, la majorité des magasins sont d’ailleurs fermés en ce jour.

Mais les saints de l’église catholiques ne sont pas toujours barricadés dans leurs carcans. Leurs fonctions peuvent changer ; leurs sens se folkloriser et se calquer sur les figures des rituels agro-calendaires. Parmi les grands classiques alsaciens, il y a les deux Saint Jean, gardiens des solstices. Mais le saint le plus populaire et le plus familial, à en juger par la popularité du prénom, est Joseph, allias « Seppi ». Il y avait autrefois beaucoup de « Seppi » dans les vallées, c’était un prénom très répandu et il y en avait de toutes les sortes…

Avec l’industrialisation, ils ont quitté leurs vallées et leurs villages pour la cité du Bollwerk. L’essor de l’industrie, moteur du développement de la ville, a d’abord été le fait de l’industrie du textile, puis des activités attenantes : mécanique et industrie chimique. Quelques éléments de ce secteur ont survécu jusqu’à nos jours, mais la crise qui a frappé le textile après la Seconde Guerre mondiale a frappé durement MULHOUSE. Une réorientation majeure s’est opérée avec l’implantation d’un centre de production automobile en 1962, qui a entraîné une restructuration d’une grande partie du tissu industriel local. A noter la proximité également du bassin potassique qui fut un grand pourvoyeur d’emplois tout au long du XXème siècle.

sacmD’un point de vue architectural, MULHOUSE dénote avec le reste de l’Alsace. L’une des principales raisons provient de son histoire marquée par une croissance urbaine extrêmement rapide au XIXème siècle, la faisant passer du statut de bourg à celui de ville importante en quelques décennies. En effet, tel GLASGOW au Royaume-Uni, MULHOUSE fut au centre de la révolution industrielle. Voici d’ailleurs une liste non exhaustive des plus importantes sociétés qui ont participé à l’édification industrielle de cette ville.

DMC :                           En 1746, Jean-Henri DOLLFUS, fonde une entreprise textile avec deux autres jeunes entrepreneurs Jean-Jacques SCHMALZER et Samuel KOECHLIN. Profitant de l’engouement de l’époque pour les tissus peints et du talent artistique de Jean-Henri, ils deviennent les pionniers en Europe de la fabrication industrielle des imprimés indiens peints à la main.

SACM :                         André KOECHLIN ouvre un atelier de construction de locomotives à MULHOUSE en 1839. Les affaires se développeront vite et KOECHLIN fusionne avec les Ateliers de Graffenstaden pour créer la Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM). L’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871 entraîne le repli de la SACM à BELFORT. En 1893, la traction électrique ferroviaire commence à prendre un certain essor, General Electric s’associe à la compagnie française Thomson-Houston. En 1928, Thomson-Houston fusionne avec une partie de la SACM pour former une nouvelle entreprise. Ce sera Als-Thom contraction d’ALSace-THOMson. ALSTHOM deviendra ALSTOM lors son introduction en bourse de NEW-YORK en 2001.

SCHLUMBERGER :    Nicolas SCHLUMBERGER s’établit à MULHOUSE en 1545, où il devient tanneur. C’est la naissance de l’une des plus grandes dynasties industrielles françaises active dans le textile, la mécanique, l’électronique, le pétrole, la banque et la viticulture.

Toutes ces usines, et bien d’autres, ont embauché des cohortes de « Seppi » dans leurs ateliers. A l’époque, bien que les 35 heures et que les congés payés n’existaient pas, certains patrons étaient bien plus humains qu’aujourd’hui et souhaitaient aider au mieux leurs employés.

De nombreuses maisons d’ouvrier ont vu le jour à ce moment-là. Jean DOLLFUS instaura même un projet de « cités ouvrières » qu’il confia à l’architecte Jules SCHERR. Il offrit le terrain et demanda à ce qu’une église soit construite en moins de 2 ans, avec un budget limité. Encouragé à s’orienter vers des solutions audacieuses, SCHERR dessina un édifice à structure métallique apparente. Ce fut un magnifique succès et la troisième église catholique de MULHOUSE, rue de STRASBOURG, au cœur de « la cité », fut consacrée en 1883. Lorsqu’en dehors de l’usine, le bistrot et l’église étaient les seuls horizons de la Cité, il n’est pas étonnant qu’elle fût baptisée du nom de Saint Joseph !

Le chanoine Henry CETTY a en charge de la paroisse créa également de nombreuses œuvres sociales comme système de prévoyance, assurances contre la maladie, pensions pour les veuves, patronages ouvriers, crèche, etc…

La plus connue de ses créations est la première Caisse de Crédit Mutuel (Saint Joseph) en 1896 qui, sans subventions de l’État, permit la construction ou la rénovation de mille logements entre 1897 et 1909. Comme quoi Seppi était partout…..

Confronté comme nous aujourd’hui à la montée de l’individualisme, il fut décidé de fédérer tous les travailleurs de la ville autour de la fête de Saint Joseph, d’organiser des réjouissances et des cortèges, retisser des liens entre la nature qui apporte la matière première, les professionnels et les habitants de la ville. Le « Seppi tag » était né.

Outre les ouvriers, c’était aussi la fête de tous les artisans du bâtiment. Pour comprendre l’importance de la fête, il suffit de savoir que le bâtiment en hiver ne marchait pas fort, et qu’il n’y avait pas encore de caisse des congés payés du bâtiment pour assurer le lien pendant les périodes d’intempéries. Le 19 mars, c’est presque le printemps, c’est le redémarrage des chantiers, c’est pourquoi cette fête était tellement importante pour les artisans du bâtiment.

En effet, le 19 mars marque la montée de la sève et l’envol des oiseaux. C’est au milieu du mois de mars qu’ils construisent leur abri et entament la saison des amours. A ce sujet le proverbe dit : « Pour la Saint-Joseph, chaque oiseau bâtit son château. »

Il était de tradition, autrefois dans les campagnes, de célébrer pour le « seppi tag » le mariage des oiseaux qui a lieu à l’équinoxe de printemps. Les ethnologues soulignent que cette tradition du mariage des oiseaux donnait lieu dans certains villages à des regroupements festifs auprès de ce qu’ils nomment des « pierres à oiseaux ». D’autres termes existent comme « la pierre du mariage des oiseaux », « la table du mariage des oiseaux » ou encore « la pierre au saut ».

Pour le « seppi tag », on se rend en bande à la « Pierre » et on saute deux par deux en se tenant la main : un mariage façon oiseau ? Toujours est-il que garçons et filles sautent ce jour-là et durant toute l’adolescence, jeu qui sans doute d’année en année, apparie peu à peu les couples. Accompagnant le saut, une onomatopée imitant un cri d’oiseau est émise par le garçon, qui le chante ou le siffle.

Ce rite, avec sauts et appariements, se rapproche finalement de celui de la Saint Jean, où la lumière trouve sa place avec le feu solsticial au-dessus duquel on saute pour avoir la chance de se marier dans l’année ! Le printemps et l’été émoustillent les sens, et l’on pense alors à perpétuer le clan…

rocher du mariage des oiseaux

Cette année, vous le remarquerez si vous leur accordez quelques instants d’observation, les oiseaux sont bien en peine car le printemps tardif a privé les arbres de feuilles et ils ont bien des soucis pour y cacher leurs nids qui devraient déjà être prêts pour les futures couvées. Le redoux aidant, depuis quelques jours, ils mettent les becquées doubles pour assurer leur descendance ! A leur image, ne perdons pas courage et profitons du Seppi Tag pour mettre les bouchées doubles dans notre lutte.

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Schieweschlawe, Schybaschlaha, ou Scheibenfeuer…

13 mars 2014

Mais que signifient donc ce charabia barbare venu d’outre-tombe ???? Nous pourrions traduire ces termes alémaniques en « disque frappé » ou « disque brûlé ».

De quoi s’agit-il ? C’est une tradition germanique liée au carnaval ; une très ancienne coutume d’Europe centrale où des disques incandescents de bois sont jetés au moyen de piques depuis les pentes des collines vers la vallée, afin d’expulser les esprits de l’hiver. Cette tradition s’était fixée précisément là où une éminence naturelle permettait à l’arabesque rougeoyante de rendre son plus bel effet.

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Le premier document attestant des Scheibenschlagen date du XIème siècle. Il s’agit d’une gravure datant du 21 mars 1090 et expose qu’un couvent a été incendié à LORSCH, en Allemagne, par un disque enflammé lancé lors d’une fête d’équinoxe de printemps. Toutefois, des origines encore plus anciennes semblent exister, puisqu’un capitulaire de Charlemagne datant de 742 interdisait déjà de tels feux en raison des dangers qu’ils présentaient pour les habitations !

Nous retrouvons cette pratique depuis la Souabe-alémanique jusqu’au Tyrol du Sud. Mais c’est essentiellement autour de la partie Sud de la plaine du Rhin (Forêt-Noire, Breisgau, région de Bâle, Alsace), dans le Vorarlberg, dans les régions du Tyrol de l’Ouest et du Sud, dans les Grisons et dans la vallée du Rhin de Coire que la tradition est la plus ancrée. Quoique nous trouvons même des équivalents jusqu’en Roumanie !

Cette fête correspond à une survivance d’anciens rites païens. Nos ancêtres voyaient deux forces s’affronter : le monde favorable de l’été et le monde hostile de l’hiver. Pour eux, qui vivaient au rythme de la Nature, c’était un éternel combat entre lumière et ténèbres, entre la vie et la mort. Les rites qu’ils pratiquaient tel le Scheibenschlagen devaient favoriser les forces magiques ainsi que le réveil de la nature. Bien plus, les disques enflammés projetés dans la nuit, devaient chasser le froid de l’hiver et les mauvais esprits.

Chaque lanceur formulait ainsi des vœux de prospérité pour la saison à venir. En réussissant à lancer son disque haut et loin, on pensait s’attirer les faveurs des Dieux.

La coutume a toujours lieu le premier week-end de carême, appelé Buurefasnacht (carnaval des paysans ou vieux carnaval). Seul le village de Bernau, en Forêt-Noire, organise jusqu’à huit lancés de disques durant la semaine de carnaval sauf le mercredi des Cendres. De nos jours ce sont les organisations du village, les clubs ou les pompiers volontaires qui organisent cet événement. L’endroit où le feu est allumé et les disques sont battus se nomme dans de nombreux endroits Scheibenbühel ou roches des disques.

Dans les Grisons, ce sont les jeunes conscrits qui organisent la fête et jettent les disques en poussant leur dicton en romanche : « Oh tgei biala schibetta per la… (nom d’une fille) », soit : « Oh quelle belle roue pour… » ! En Suisse on donne à cette coutume le terme de « Schybaschlaha ».

Chez nous en Alsace, c’est le « Schieweschlawe ». Le lancer de disques le plus renommé à lieu à OFFWILLER, petit village au Nord du Bas-Rhin. Plusieurs semaines avant le carnaval, les préparatifs commencent. Toutes les bonnes volontés du village, quel que soit leur âge ou leur fonction, ramassent du bois mort dans la forêt communale et le déposent dans une clairière qui domine le village (le Schiewebarri). Là, sept grandes pierres plates sont dressées de manière à former autant de tremplins dirigés vers la vallée. Dans d’autres endroits, faute de pierres spécifiques, c’est un simple chevalet fait d’une planche de bois qui est utilisé pour frapper le disque.

Un grand feu est allumé dans l’après-midi. Dans les villages organisateurs, une atmosphère étrange et feutrée indique que derrière les petits carreaux des fenêtres se réjouissent des familles qui se livrent aux ultimes préparatifs de la fête… Les habitants et les familles se rencontrent et dégustent des boissons chaudes et des pâtisseries locales, les traditionnels Fasenachtskiechle (beignets de carnaval) qui, par leur forme, rappellent les disques du Schieweschlawe

Au crépuscule, le ciel rougeoyant annonce le début des festivités. Les habitants sortent de chez eux. La plus part portent des colliers de disques et tiennent de longs bâtons de noisetier. Souvent, une procession aux flambeaux les mène au Schiewebarri.Schiebi 02

Les disques, en bois de hêtre, sont selon les endroits, carrés ou ronds et d’un diamètre de 10 à 12 cm pour une épaisseur d’environ 2 cm. Ils sont percés au centre et sont achetés chez le menuisier du village ou sur les lieux mêmes du lancer. Il y a quelques années encore, chaque famille taillait ses propres disques dans des rondelles de bois de hêtres dont on amincissait les bords à coups de hachette. Le trou du centre était percé soit à la tarière, soit au fer rouge. Il en coute environ 12 € les 25.

Fixés solidement sur les bâtons, les disques sont ensuite placés dans l’énorme bûcher. Le bord aminci s’enflamme rapidement. Le lanceur brandit ensuite le disque rougeoyant en le faisant tournoyer au-dessus de sa tête, ainsi sa lueur sera renforcée par le balancer du bâton. Le lanceur s’approche alors d’un des tremplins de bois ou de pierre et durant ses moulinets énonce souvent des formules comme celle-ci :

« Schiebi, schiebo, wem soll die Schiebe go? Die Schiebe soll em (nom de l’élue) go. Goht sie it, so gilt sie it ! » Ce qui pourrait se traduire en : « Schiebi, schiebo, pour qui doit aller le disque ? Le disque devrait aller pour (xxx). S’il n’y va pas, elle ne viendra pas à moi ».

Le disque est alors frappé avec dextérité contre le tremplin : il rebondit en lançant des étincelles et le voilà parti dans l’air comme une étoile filante qui décrit une gracieuse courbe lumineuse vers la vallée. Bien entendu, il s’agit de lancer son disque avec adresse, haut et loin et de lui faire suivre une trajectoire harmonieuse.

Les femmes restent pour la plupart spectatrices, mais n’en encouragent pas moins leur famille. Certains virtuoses envoient leurs disques avec aisance et nonchalance et recueillent des cris et des sifflements d’admiration, d’autres, plus maladroits ou malchanceux se retrouvent hués !

Toute la veillée est ainsi rythmée par de petites émotions et l’événement n’est terminé que quand tous les ménages ont jeté leurs disques ce qui peut durer longtemps.

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Malgré l’originalité de cette coutume, chaque village insiste sur le fait que le Schieweschlawe doit rester authentique ! Aussi, les festivités ne sont entourées d’aucune publicité ni d’aucun commerce. A vous de trouver les bonnes adresses en Alsace et Outre-Rhin et de regarder dans votre calendrier quand tombe le premier week-end de Carême !

Le Schieweschlawe célèbre l’équinoxe de printemps. A partir de cette date les journées commencent à être plus longues que les nuits. Dans la préhistoire, les Européens appelaient déjà la renaissance du soleil par toutes sortes de manifestations visuelles ; avec cette coutume, nous perpétuons une pratique issue de la nuit des temps. Comme nos ancêtres, nous lançons vers la voute céleste des centaines de petits soleils qui sont autant de lueurs d’espoirs, autant de prières pour un retour rapide du printemps.