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Les Bases du militantisme

16 novembre 2010

 » Petit militant, je ne représentais rien, mais dans mon insignifiance, tenait toute ma grandeur à base d’indépendance et de désintéressement  »

Saint Loup – Götterdammerung

Nous sommes quasiment tous concernés par le manque de temps libre qui engendre une difficulté à nous impliquer plus à même au sein de notre bannière. Le travail, la vie de famille, les entraînements sportifs, les loisirs ou projets personnels remplissent notre planning, ce n’est pourtant pas la bonne volonté ou l’envie qui nous manquent.  Souvenons-nous toutefois que c’est dans l’action que les hommes et les femmes se révèlent. Agir, réagir, voilà de bonnes résolutions à prendre pour 2011 !

Prenons pour une fois exemple sur les associations de tous poils (libertaires, anarchistes-révolutionnaires, pro-immigrationnistes, trotskystes…) qui ont une longueur d’avance sur nous. Le nombre étant, les moyens financiers leur manquent, il est vrai, un peu moins.

Les conseils qu’ils diffusent via le net s’appliquent aussi à ceux d’entre-nous qui, las de refaire le monde tous les week-ends au troquet du coin, éprouvent un grand besoin de passer à l’action avant que de sombrer dans une médiocrité passive. Encore faut-il agir avec discernement pour éviter les ennuis !

Nous n’aborderons ici que l’action militante que nous qualifierons de légale. Il est bien entendu que la légalité n’est qu’une limite fixée par les ploutocrates au pouvoir pour défendre leurs propres intérêts, mais il n’est pas encore question d’en découdre de façon radicale avec la clique qui nous gouverne. Les camarades pensionnaires de l’hôtel des verrous ne sont déjà que trop nombreux, alors, battons-nous pour le moment avec les mots et par des moyens (plus ou moins) légaux en prenant soin de sélectionner avec discernement les personnes qui nous accompagneront dans l’action militante, ce afin d’éviter toute déconvenue que ce soit sur le terrain ou ultérieurement.

Avant toute chose, préférez un effectif réduit, une bonne organisation et évitez par la suite tout pêché d’orgueil, type « c’est moi qui l’ai fait ! » échappé au coin d’un comptoir pour épater les filles et appâter les flics.

Partie I – Les différents types de propagande

Distribution de tracts

Que la distribution se fasse directement dans la rue, à la sorties des lycées, facs, usines ou indirectement par l’intermédiaire des boîtes aux lettres, il est important de toujours garder en mémoire que le contenu doit être concis, aéré et agrémenté d’éléments graphiques percutants : le tract est plus facilement conservé et lu s’il contient un montage photo ou une caricature. Si le tract fait echo à un sujet brûlant de l’actualité, il doit être conçu et distribué très rapidement (dans les 48H00 idéalement), il vous faut donc être réactifs ! Enfin évitez les fotes d’ortograf qui amenuiseront l’impact souhaité en vous faisant perdre crédibilité et sérieux.

Diffusion de fanzine et bulletins indépendants

Leur réalisation demande beaucoup de disponibilité et de travail par rapport au volume de diffusion, plutôt restreint, et au nombre réel de lecteurs (à partir du moment où le bulletin est distribué gratuitement), autant dire qu’il faut être motivé pour se lancer dans l’aventure, en compensation, la création d’un périodique est tout bénef pour votre enrichissement personnel et apporte une petite dynamique au sein du groupe dans lequel il est diffusé, le but étant de rallier de nouveaux lecteurs et d’éventuels collaborateurs permanents ou occasionnels.

Collages

Collez des affiches et des autocollants, si possible sur les affiches des gauchos pour faire d’une pierre deux coups. A noter que le collage est quasiment devenu sauvage, les zones d’affichage public ayant été réduites au strict minimum légal pour mieux criminaliser tout mouvement contestataire. Il vous faut donc faire bien attention à la zone de collage si votre affiche ou autocollant indique les coordonnées d’une association ou d’un parti politique et rester dans le cadre légal. Quand il s’agit d’une sympathique création maison, autant alors cibler les zones où se focalisent un maximum de zombies consommateurs (centres villes, centres commerciaux), voire panneaux publicitaires ou électoraux, administrations, sorties de lycées… Place à la créativité : renommez les rues, détournez les publicités (des révisionnistes avaient, dans les années 90, dérivé à leur profit des pubs sur le SIDA), attention cependant, les centres villes sont truffés de caméras de surveillance.

Bombages (plus risqué légalement)

A éviter : le bombage sauvage, fait à la va vite pour ne pas se faire toper, type « commiste je te hais » (allusion à un vieux reportage !), ça fait dégueulasse, ça donne du travail au graphologue chargé de décrypter votre profil psycho, bref, à oublier. L’utilisation de pochoirs permettra plus aisément à votre message et / ou dessin de se fondre agréablement dans le paysage urbain. Respectez les murs des logements et reportez-vous sur d’autres supports comme les bandes blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4×3… Les pochoirs en carton ont une durée de vie limitée, ceux qui sont réalisés dans de vieilles radiographies durent plus longtemps. Enfin portez des gants jetables pour éviter de vous faire repérer.

Manifestations

Dans ce cas uniquement, vos talents de tagueurs seront appréciés pour la création d’une banderole. Malgré une présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait du nombre et de la solidarité du cortège.

D’autres formes de militantisme sont encore possibles comme écrire aux médias (impact non vérifié), squatter les blogs d’informations en ligne en donnant son avis sur les faits de société (en général, si les propos sont bien étayés, sans violence ni haine, les modérateurs les laissent passer), procéder à une campagne de destruction d’image de marque (Mac Do étant la cible privilégiée de tous les extrêmes confondus !) ou appeler au boycott. Le net peut également être un bon vecteur pour véhiculer nos idées auprès de milliers de visiteurs par la création d’un site ou d’un webzine. Attention toutefois : les pages perso qui se créent en quelques minutes style « tchatch blog » sont très surveillées, y raconter sa vie avec force détails et photos à l’appui n’est pas très judicieux. Enfin rappelez vous que la phrase de Beaumarchais « médisez, médisez, il en restera toujours quelques chose » est toujours d’actualité. Les sites antifa de délation (plus ou moins bien informés) type « reflexes » usent et abusent de l’intox en propageant des rumeurs pour déstabiliser l’adversaire. Nous laisserons de côté d’autres types d’actions plus violentes comme l’occupation des locaux (réservé aux sans-papiers), l’obstruction (réservé aux associations droits de l’hommiste) la destruction de biens (réservé aux alter-mondialistes), la réappropriation de squats (réservés aux « artistes » ou sans papiers… exception faite de l’Italie avec une belle réussite des nationaux concernant le relogement de SDF italiens de souche à la Casa Pound et la Casa Montag.)

Partie II – Le petit guide juridique du militant au quotidien

Besoin d’un peu d’action ? Voici quelques conseils de pièges à éviter, toujours repiqués, il faut bien l’avouer, chez « ceux d’en face ». Mais après-tout, autant prendre exemple sur des spécialistes de l’agit-prop et manifs en tous genre. Pour ces fervents défenseurs des sans-papiers, faucheurs de maïs transgénique, antifa, fonctionnaires en grêve, etc., ce ne sont pas les sujets de manifs qui manquent et les bougres sont bien rodés, aidés qu’ils sont par des théoriciens aguerris comme Xavier Renou (les Désobéissants) qui organisent leur formation politique dans toute  la France, les aidant à se structurer, gérer leur image audio et télévisuelle pour séduire les médias et ainsi obtenir l’adhésion et la sympathie du public.

Avant de partir à une manifestion

  • Pensez à prendre le numéro de téléphone d’un avocat (se l’écrire sur le bras ou le retenir par cœur) et à fixer un rendez-vous d’après manif avec les ami(e)s,
  • Evitez de porter lacrymogène, couteau … sur vous (ils peuvent passer pour une « arme par destination »), idem pour les contacts des copains enregistrés sur votre portable, merci pour eux (c’est une véritable manne pour les policiers !). Mémorisez plutôt quelques numéros de téléphones et portez sur vous une carte téléphonique,
  • Pendant la manifestation, restez groupés : si la police tente de cibler un(e) manifestant(e), le mieux à faire est de former une chaîne humaine, de rester solidaire,
  • Si vous quittez la manif, évitez de partir seul(e) : les contre-manifestants veillent et se feront un plaisir de vous tomber dessus à X contre 1,
  •  En cas d’arrestation, criez votre nom aux autres manifestants présents, ou distribuez des petits papiers sur lesquels ce dernier est noté,
  • Essayez de rester courtois et calme avec les forces de l’ordre (le délit « d’outrage et rebellion » tombe dru).

Bon à savoir

  • Les forces de l’ordre n’ont pas le droit de vous demander de retirer un autocollant que vous portez sur vous, idem pour un drapeau ou une banderolle.

Pendant une vérification d’identité

  • lors de l’interpellation, l’agent ne peut accomplir qu’une palpation de sécurité et non des « attouchements » ou une fouille au corps. Vous avez le droit d’appeler au téléphone une personne de votre choix,
  • Les policiers et gendarmes ont le droit de vous retenir pendant 4 heures, à partir du contrôle d’identité, afin de vérifier vos papiers (il est préférable d’avoir une pièce d’identité sur soi avec nom et photo),
  • Si vous n’êtes pas mis en garde à vue, exigez une copie du PV du contrôle d’identité avant de partir. Ne signez le PV que si vous êtes d’accord avec ce qui est écrit dessus, sinon, refusez de le signer et ajoutez une correction au PV avec un stylo, suivi de votre signature et mettez un trait s’il y a du blanc à la fin.

Pendant une garde à vue

  • La durée de la garde à vue est calculée à partir de l’heure de votre interpellation (les 4 heures de vérification d’identité incluses). Elle est de 48H00 ou 96H00 pour les affaires de terrorisme,
  • Vous avez le droit de savoir de quelle infraction on vous accuse,
  • A tout moment, vous (ou un membre de votre famille) avez le droit de demander à être examiné par un médecin (une deuxième demande peut être faite après 24H00 de garde à vue.) A noter que pendant la garde à vue, les agents ont le droit de fouiller les vêtements,
  • Vous avez le droit de vous taire, le mieux, c’est d’attendre de voir votre avocat avant de répondre aux questions posées par les agents,
  • Ne signez le PV que si vous êtes d’accord avec ce qui est écrit dessus.

Important : pour vous faire parler, les agents peuvent recourir au chantage en racontant, par exemple, que vos enfants finiront à la DDASS, que des témoins ou kamarades vous ont dénoncé, que vous ne serez relâchés que si vous avouez. Ne les croyez surtout pas, ce sont peut-être des astuces afin de vous déstabiliser encore plus.

  • Vous avez le droit de refuser une comparution immédiate : avant de prendre une décision, écoutez les conseils de votre avocat. Souvent, il est préférable de refuser la comparution immédiate car cela vous laisse plus de temps pour préparer votre défense.

En cas de violence policière

  • Vous pouvez porter plainte par lettre recommandée auprès du doyen des juges d’instruction ou de l’IGS,
  • Pensez à prendre des photos des blessures,
  • Gardez votre t-shirt sanguinolant si c’est le cas,
  • Demander une ITT (Interruption Temporaire de Travail) aux urgences ou à votre médecin.

Lecture recommandée pour parfaire le sujet :

« Message aux Jeunes Européens » – édition le Cercle du Chêne (cf Chapitre IV : « Et maintenant ? ») disponible auprès de votre prévôt

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