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Randonnée au Taennchel

28 avril 2011

En ce dimanche matin, le ciel crache une bruine légère et la brume monte du sous-bois au pied de ce lieu énigmatique où nous nous sommes donné rendez-vous.

Nous allons tenter, tels des saumons, de remonter à la source du monde païen, nous imprégner de cet endroit tellurique parsemé de rochers aux contours étranges et d’inscriptions dignes de la quête du Graal. Aujourd’hui, nous allons retrouver nos racines sur l’un des massifs des Vosges culminant à 988 m d’altitude : le Taennchel.

Pour certains le sapin (Tanne en Allemand) aurait donné le nom du massif du Taennchel, pour d’autres, l’origine serait Tan ou Taen qui veut dire écorce de chêne.

Le Taennchel est entouré de légendes plus ou moins en rapport avec les roches monumentales qui se dressent sur son plateau et est considéré par certains comme un genre de sanctuaire pour les prêtres celtes (les druides) qui célébraient le culte du soleil, des pierres, du vent et de leurs dieux (Teutates, Belenos, Taranis, Lug , Epona etc.)

En Alsace, les celtes vénéraient particulièrement le culte de Vogesus et Sucellus, le dieu au maillet, le maître de la vie et de la mort, le dieu de passage. La légende rapporte également que le Taennchel était peuplé, à l’ère préhistorique, de géants qui auraient transformé les animaux en pierre.

Après une mise en jambe faîte d’une bonne heure de montée par un sentier escarpé, nous arrivons au point culminant dit «le Rammelstein», un plateau ou trois statuettes, deux de Wotan (Odin) et une de Loki, divinités du panthéon alémanique, ont été trouvées en 1998. Ces statuettes se trouvent actuellement au musée Unterlinden de Colmar.

Ce qui frappe tout de suite l’esprit, c’est la tranquillité qui règne au Taennchel : très peu de chants d’oiseaux, l’endroit est propice à une régénération, les mains posées sur la pierre, on se sent paisible, le regard posé sur l’horizon, on redécouvre les forces qui régissent le monde.

Tout au long de notre parcours nous allons côtoyer des roches aux contours étranges, elles prennent la forme de sauriens, de pyramides ou de figures incompréhensibles que chacun interprète à sa façon et qui, au fil du temps, ont tissé dans l’imaginaire diverses légendes.

Certaines roches sont considérées encore de nos jours comme autels druidiques ou pierre à sacrifices, les cuvettes ou cupules ayant servi, légende populaire tenace, à recueillir le sang des victimes et les rainures qui les relient à le déverser des unes aux autres.

Au travers de ce merveilleux parcours mystique, nous allons croiser « le rocher des Géants» (120 cupules), endroit où les fées préparaient d’étranges boissons et où la légende populaire croit connaître en ce rocher les restes d’un pilier qui aurait soutenu un pont enjambant le Chalmont au Val de Liepvre, « le rocher des reptiles » « ou rocher du crocodile » (moi j’y ai plutôt vu une baleine et Matthieu un narval !  Quelle heure reptile ? Je n’en saurien !) a la forme d’un saurien figé dans le temps ; « la pierre à bascule » où l’on peut tester la fidélité de son couple, « les trois petites tables » où les enfants des géants prenaient leurs repas, « les trois grandes tables »ou « rocher de l’anneau » ou au sommet se trouve un anneau de fer gravé, scellé dans la roche , la légende dit que Noé aurait amarré son arche durant le déluge, « la roche renversée », curiosité naturelle avec deux cuvettes en forme de déversoir, « le Schelmenkopf »dit « tête des géants » où la légende situe la sépulture de géants, « rocher de la garde », pont d’observation et de surveillance pour les  celtes, « la roche pointue » qui ressemble à un sanglier assis, « la pierre des cordonniers » en raison de sa ressemblance avec un formier, outil utilisé pour ressemeler les chaussures, « la source des esprits », endroit où les esprits de la montagne se rassemblaient, « l’abri russe » qui a été habité par deux prisonniers russes pendant la première guerre mondiale, «  la fontaine Losbrunnen » où, d’après la tradition locale, on est invité à boire un peu de son eau en formulant un vœu et bénéficier de ses bienfaits en laissant couler un peu d’eau sur ses mains, «les roches fendues » se composant de masses gigantesques et se présentant comme une maçonnerie de titans. Non loin de là, commence également le mur païen qui fera l’objet d’un prochain article.

On retrouve également, tout au long de notre périple, divers signes gravés dans la roche, des entailles, des croix, des inscriptions, des dates, des bornes qui sont des signes de l’histoire pour les uns, des signes ésotériques pour les autres, chacun les interprétant à sa manière.

Le massif du Taennchel est également devenu, depuis 1983,  terre d’accueil… pour la réintroduction du lynx, mais vous aurez plus de chances d’y croiser des radiesthésistes que ce fameux animal. Riche de plus de 1500 espèces végétales, de 200 espèces d’oiseaux, dont le grand tétras, et de 60 espèces de mammifères dont le chat sauvage, la montagne du Taennchel est un vivier où la biodiversité règne et où il fait bon se ressourcer.

Cependant, ne vous aventurez jamais de nuit dans le massif, une multitude de gnomes, de lutins et fées se rencontrent dans ce le lieu et les déranger serait votre perte…

C’est après 5 bonnes heures de marche que nous nous sommes enfin fait des Barbar (mais il ne s’agit là que de bière !), dans un  bon pub où la carte nous a entraînés vers les terres écossaises, s’ensuivit une pierrade transcendantale qui fut l’accomplissement de notre périple.

Remerciements à  Armand et Thomas pour l’organisation.

 

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