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Jouets made in France

7 janvier 2012

Subtilité des temps modernes, marque française ne veut pas dire fabrication française, la mode étant à la délocalisation. Mais contrairement aux idées reçues, les jouets ne sont pas tous  made in Asia. Il existe encore dans notre pays quelques irréductibles qui fabriquent tout ou partie de leurs jouets sur le sol français.

Faîtes donc appel à votre plus longue mémoire : les noms de  Petitcollin, Meccano, Smoby, Corolle (poupées), Djeco (jeux en bois), Janod, Moulin Roty (poupées en chiffon) , Lansay (inventeur du mange disque que tout quarantenaire a bien connu)  , Bioviva, Vilac, JeuJura, Joustra, Vulli, Falquet & Cie, Ecoiffier et Dujardin évoqueront pour beaucoup d’entre-vous bien des souvenirs d’enfance.

Si aujourd’hui des entreprises comme Djeco, Lansay, Corolle ou Mouly Roty, ont délocalisé leur production, d’autres, détentrices d’un véritable savoir faire,  pratiquent le made in France avec succès et survivent aux récessions et aux modes.

Petit tour d’horizon…

Les jouets en plastique

Petitcollin : à l’origine de la marque, un atelier artisanal d’articles de coiffure créé par Nicolas Petitcollin dans la Meuse en 1860. Ce dernier fonde en 1896 la SA Petitcollin puis se lance, dès 1924, dans la conception des célèbres baigneurs. Malheureusement, la société ne résiste pas à la concurrence et est rachetée en 1995 par Vilac. La marque reste donc française. A noter que seuls les baigneurs traditionnels sont toujours fabriqués en France à Etain (usine ouverte au public). Les vêtements et baigneurs souples ont été délocalisés.

Ecoiffier : la maison, spécialisée à l’origine dans les articles pour forains, a été fondée en 1945 par Albert Ecoiffier à Oyonnax (Ain). Après être passée dans le giron de Smoby en 1994, la marque est reprise 14 ans plus tard par le fils du fondateur, Jacques Ecoiffier, pour redevenir une aventure familiale. de la dînette à la maison de poupée, en passant par l’établi et le camion de pompiers, Ecoiffier s’est spécialisé dans les jouets en plastique sur le segment des produits bon marché à moins de 30 €. Sa spécialité : les jouets d’imitation pour filles : dînette, cuisine… Les jouets de plage et les fameuses briques de construction Abrick. 100 % des jouets sont fabriqués en France (à l’exception des personnages des boîtes de cubes Abrick) avec du plastique provenant de France.

Falquet & Cie (Falk) : est le spécialiste des jouets à pédale. Fondée en 1947 par Maurice Falquet et restée dans la même famille depuis, la société Falquet & Cie s’est spécialisée dans la fabrication de jouets d’extérieur sous la marque Falk. A ce jour, la marque propose plus de 80 références, 100 % fabriquées en France, dont les plus connues sont les tracteurs sous différentes versions qui font le bonheur des petits garçons.

Joustra : contraction de JOUet et de STRAsbourg, Joustra a été fondé en 1934 par les frères Kosmann. Mythique, la marque devient vite connue pour ses automates en tôle : au milieu des années 60, Joustra était le premier fabricant de jouets mécaniques en Europe ! Après plusieurs rachats, la marque appartient aujourd’hui à Heller, fabricant français de modèles réduits. Les « vieux » de 40 ans se souviennent forcément du Télécran, jouet incontournable des années 70. A ce jour, Heller / Joustra a réussi à maintenir 90 % de sa production en France sur le site de Trun, dans l’Orne, là où sont également fabriquées les maquettes Heller.

Smoby : fondée en 1924, la société est, à l’origine, spécialisée dans les pipes en bois. Il faudra attendre 1970 pour que la PME familiale se reconvertisse dans la conception d’objets et de jouets en plastique et prenne le nom de Smoby. Lourdement endettée par l’acquisition de Majorette puis de Berchet, la société est rachetée en 2008 par le numéro un allemand du jouet, Simba-Dickie Group. Pour autant, Smoby continue de maintenir 70 % de sa production en France à Moirans et à Arinthod (pour le reste, 10 % en Espagne et 20 % en Chine).

Vulli : En 1945, Joseph Vullierme crée les établissements du même nom, puis se spécialise dans les jouets mécaniques sous la marque Jouets Mont-Blanc. En 1980, la SA Vullierme raccourcit son nom pour Vulli et rachète la société Delacoste, papa de la célèbre Sophie la Girafe dont la tête apparaît derrière le logo Vulli. En 2011, le nombre de girafes fabriquées depuis l’origine a atteint les 50 millions. En caoutchouc naturel, Sophie est fabriquée selon un processus plus proche de l’artisanat que de l’industrie puisqu’il ne faut pas moins de 14 opérations manuelles pour la réaliser. Sophie la Girafe (40 % du CA de Vulli) et le célèbre Arbre Magique sont entièrement fabriqués en France, à Rumilly, en Haute-Savoie.

Les jeux de société ou éducatifs

Meccano : Liverpool 1898, Franck Hornby, un passionné de bricolage, invente un système de construction à base de vis et d’écrous pour ses enfants. Il lance sa marque sous le nom de Mechanics Made Easy (la mécanique rendue facile) et dépose son brevet. Le nom de Meccano, de l’expression « make and know » apparaît en 1907. En 1912, Meccano SA ouvre en France. A ce jour, l’usine de Calais fabrique 50 % des modèles Meccano et emploie 80 salariés.

Bioviva : dernier né parmi les marques françaises (1996), Bioviva est un éditeur de jeux de société basé à Montpellier. Sa spécialité : les jeux éducatifs sur la nature et l’environnement. Bioviva donne la priorité aux jeux éco-conçus en privilégiant les matières premières renouvelables et / ou recyclées (encre à base végétale, carton et papier recyclés, bois issu des forêts gérées durablement.) Les jeux Bioviva sont tous fabriqués en France et, dans la mesure du possible, l’entreprise utilise en priorité des matières premières françaises.

Dujardin : 1954, Edmond Dujardin, alors éditeur de matériel pour auto-écoles, a une idée géniale qui va se révéler mythique : le « mille bornes ». En 2007, Dujardin et ses 120 jeux de société passe dans le giron de TF1 Games, qui acquiert, un peu plus tard, un autre jeu tout aussi célèbre : « le cochon qui rit », imaginé par l’éditeur Michel. Le nom du « mille bornes » viendrait de la nationale 7, qui fait environ 1 000 km de long. « Le cochon qui rit » a été inventé en 1932 à Lyon par Joseph Michel qui s’est inspiré d’un jeu pratiqué dans les bistrots. Sur les 1 700 000 jeux de société que vend Dujardin, plus d’un million sont assemblés en France (les éléments sont fabriqués en majorité en France et les autres en Europe), dont les différentes versions du « mille bornes » et du « cochon qui rit ».

Les jouets en bois

Janod : Créée en 1970, par Louis Janod, alors tourneur sur bois dans le jura, la société est n° 1 en France des jouets en bois dont 10 % demeurent made in Jura. Pour éviter toute confusion, Janod précise de manière très apparente sur l’emballage quand le produit est fabriqué en France, le reste de la production provenant de l’Est et de l’Asie.

Vilac : 1911, Narcisse Villet crée son atelier de tourneur et, comme beaucoup d’artisans du Jura,  se spécialise dans les jouets en bois et plus particulièrement dans les voitures de collection et les animaux à rouler. En 1979, l’atelier devient une SA sous le nom de Vilac (contraction des mots « Villet » et « laque », laque qui colore les jouets). A ce jour, Vilac a réussi à maintenir 50 % de sa production en France, à Moirans-en-Montagne dans le Jura.

JeuJura :  en 1911, débute la saga familiale de JeuJura qui se développera sur 4 générations. l’emblème de la marque : les chalets à construire auxquels s’ajoutent les jeux de société en bois, les tableaux et les planchettes Tekap, concurrentes de Kapla. Cocorico, 100 % de la production est française, made in Saint-Germain-en-Montagne.

Cette petite liste non exhaustive vous permettra peut être d’envisager l’achat des prochains jouets de vos bambins sous l’égide du made in France…  avec une garantie de qualité et de sécurité plus sûre que certains jouets estampillés made in China ? De ce côté là, il y a encore des efforts à faire et il nous faudrait prendre modèle sur nos voisins allemands, bien plus stricts en la matière.

Source : Bimestriel Bubblemag de décembre 2012

En 2011, Sophie la girafe a fêté ses 50 ans et s'est vendue à 50 millions d'exemplaires, elle est aujourd'hui sur le ban des accusés car, bien que destinée à la bouche des enfants, elle contient et même libère des précurseurs de nitrosamine

 

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