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Tintin au Congo définitivement blanchi…

10 décembre 2012
La bonne nouvelle de la Saint Nicolas…
 
 
Ce 6 décembre, alors que bien installés dans nos demeures nous mangions desMannalas avec un chocolat chaud, nous ne pouvions imaginer le destin comique et à quel point agréable qui se tramait en Belgique ! En effet, par ce froid de canard, le Grand, le Beau, le Fort et l’Inimitable Léon, sous les traits de « Tintin au Congo » a définitivement été, si j’ose dire, « blanchi »….
 
Tout le monde connait Tintin, reporter Belge au « Petit XXème » à qui il arrive maintes aventures de par le monde. « Tintin au Congo » (initialement intitulé Les Aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », au Congo) est le deuxième album de bande dessinée des Aventures de Tintin d’HERGE, prépublié en noir et blanc du 5 juin 1930 au 18 juin 1931 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle. La version couleur et actuelle de l’album est parue en 1946.
L’histoire reflète le colonialisme existant en Europe au début du XXème siècle. Elle se déroule au Congo, alors colonie belge. Tintin s’y rend en paquebot dans le cadre de son travail de journaliste, accompagné de son chien Milou. Tom est un homme qui s’est embarqué clandestinement sur le même bateau et qui tente à plusieurs reprises de tuer le jeune journaliste. Une suite de péripéties amène Tintin au royaume des Babaoro’m, où il devient le sorcier attitré. Il découvre alors que les hommes blancs voulant sa mort (notamment Tom) sont des gangsters affiliés à Al Capone qui tentent de prendre le contrôle de la production de diamants au Congo…
 
Tant le graphisme que l’histoire et le langage sont très proches des stéréotypes des années 30. Comme tout roman ou toute BD, rien n’avait évolué depuis… Or, commence en 2007 une affaire aussi ridicule que les habitants du « royaume des Babaoro’m »… C’est du moins le stade auquel aurait dû en rester cette histoire, telle une parjure ridicule dont on ne peut que rire faute d’en pleurer !
 
En effet, dès 2007, la controverse liée aux « stéréotypes raciaux » redevient d’actualité suite à un avis de la commission britannique pour l’égalité des races (British Commission on Racial Equality) qui juge que la bande dessinée d’HERGE contient des « préjugés raciaux hideux », et demande de la retirer des librairies. En premier, le géant du livre américain BORDERS décida de ne plus vendre cet album au rayon enfant, le déplaçant vers les « BD adultes » !
En 2007, le citoyen congolais Bienvenu MBUTU MONDONDO dépose une première plainte pour racisme devant le tribunal pénal de BRUXELLES. Il exige que la vente de « Tintin au Congo » soit interdite ou que le livre porte un avertissement.
Rapidement, la bande dessinée n’avait plus sa place dans certaines bibliothèques municipales de plusieurs petites villes en Suisse qui refusaient de la compter parmi leur fonds !
Une deuxième plainte au civil a été déposée en 2010. En 2011, en première instance, la justice belge a estimé « qu’il n’y avait aucune volonté dans le chef d’œuvre d’HERGE de véhiculer des idées à caractère raciste, vexantes, humiliantes ou dégradantes à l’égard des Congolais, ni d’inciter les lecteurs à la discrimination et à la haine ».
Le 10 février 2012, la justice belge a estimé que « Tintin au Congo » n’était pas animé d’une intention discriminatoire. Le tribunal a tenu compte du contexte propre à l’époque. C’est l’époque de la « Revue nègre » de Joséphine BAKER ou encore de l’exposition coloniale de PARIS. HERGE est dans l’air du temps, ce n’est pas du racisme mais du « paternalisme gentil », selon l’avocat représentant la maison CASTERMAN et la société MOULINSART. La défense a également fait valoir que la loi contre le racisme n’existait pas à l’époque où HERGE a écrit « Tintin au Congo ». Bienvenu MBUTU MONDONDO, judicieusement conseillé par moult associations antiracistes et ses « avocats » Maître Ahmed L’HEDIM et Maître Alain AMICI, a immédiatement annoncé qu’il interjetterait appel !
 
La polémique sur l’album « Tintin au Congo » reprenait en octobre dernier en Suède. En effet, plusieurs petites villes de Suède ont décidé en octobre de retirer la BD de leurs rayons, « en raison de son contenu raciste » !
 
La cour d’appel de Bruxelles avait en effet été saisie en deuxième instance par le Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires de France) et Bienvenu MBUTU MONDONDO pour donner son avis sur cet album et, éventuellement, l’interdire. Selon les plaignants : « les stéréotypes figurant dans ce livre lu par un nombre considérable d’enfants ont encore des conséquences sur leurs comportements à l’heure actuelle » ! Heureusement, en dernier ressort, la Justice belge a tranché le mercredi 5 décembre 2012 comme nous l’indique l’article ci-dessous du journal bruxellois Le Soir :
 
 
La Cour d’appel de Bruxelles a rendu son verdict dans l’affaire « Tintin au Congo ». Les plaintes déposées par le citoyen congolais Bienvenu MBUTU MONDONDO et le Conseil Représentatif des Associations Noires de France ont été jugées « non fondées ».
 
Les plaignants sont condamnés à payer 110 €uros à MOULINSART et à CASTERMAN au titre d’indemnités de procédure. La justice belge a répété dans sa décision que « Tintin au Congo » ne pouvait être considéré comme une œuvre « raciste » ou « méchante », puisque dans cette histoire Tintin « cultive l’amitié avec le petit Coco, contribue à la paix entre deux tribus rivales, n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour autrui et lutte contre le mal, représenté non pas par un Noir mais par un Blanc ». Il n’y avait donc aucune raison légale d’interdire cet album ni d’imposer à l’éditeur l’insertion d’une mise en garde aux lecteurs.
 
La Cour a ajouté que « Tintin au Congo » est avant tout un témoignage de l’histoire commune de la Belgique et du Congo à une époque donnée et que rien ne permet d’affirmer comme le soutenaient les plaignants que les enfants du XXIème siècle, confrontés à cette bande dessinée, ne seraient pas capables de relativiser les stéréotypes du passé et de remettre l’œuvre dans son contexte historique.
 
Selon la justice belge, « il ne ressort pas des dessins et des dialogues de l’album qu’HERGE avait la volonté de concevoir une bande dessinée destinée à véhiculer des idées à caractère raciste, vexantes, humiliantes ou dégradantes à l’égard des Congolais ni d’inciter ses lecteurs à la discrimination ou à la haine envers eux ». La Cour ajoute encore que « rien ne laisse penser qu’HERGE considérait que les Africains constituaient une race et qu’il entendait la comparer à une autre qui lui serait supérieure ». Clairement, « HERGE s’est borné à réaliser une œuvre de fiction dans le seul but de divertir », où il « pratique un humour candide et gentil. »
 
La cour d’appel de BRUXELLES a considéré que « HERGE s’était borné à réaliser une œuvre de fiction dans le seul but de divertir ses lecteurs ». « Il y pratique un humour candide et gentil ». HERGE ne « pouvait avoir en 1930 le même état d’esprit que celui qui allait inspirer, un demi-siècle plus tard, la loi de 1981 » réprimant le racisme en Belgique.
 
Par conséquent, la demande d’interdiction de « Tintin au Congo » a étédéfinitivement rejetée car elle ne reposait pas « sur des motifs pertinents et suffisants ». La Cour n’a pas non plus accédé à l’exigence d’insérer un avertissement dans l’album parce que cela aurait constitué « une ingérence dans l’exercice de la liberté d’expression » et qu’une telle décision se serait heurtée « au droit moral sur l’intégrité de l’œuvre ». Ni CASTERMAN, ni MOULINSART ne sont, en effet, propriétaires des droits moraux sur l’œuvre d’HERGE. Ils sont détenus par Fanny RODWELL, légataire universelle du créateur de Tintin. Or elle n’était pas partie à la cause.
 
 
Voilà, enfin, une bonne nouvelle ! Nous aurions bien aimé en profiter Mannalas en main et trinquer en l’honneur de Tintin avec un bol de chocolat chaud… Hélas, ce genre de nouvelle ne fait pas la une et en regardant les médias français on constate que la plus part (Le Parisien / Europe 1 / Le Figaro), se sont donnés le mot pour dire que la justice Belge « estime » que cette BD n’est pas raciste ! En d’autres termes, c’est une interprétation de la justice Belge, qui ne semble pas juste à nos chers médias locaux !
 
 
Pourtant ce n’est pas la première fois qu’HERGE est ennuyé par ses ouvrages…
En effet, « Tintin au pays des Soviets », première BD de la collection, publiée initialement avant-guerre à 5 000 exemplaires a également fait couler beaucoup d’encre… C’est le seul album à ne pas avoir été repris par CASTERMAN. Vu le contenu de l’album, il devint vite introuvable et les collectionneurs se révélèrent prêts à payer très cher pour en avoir un exemplaire ! Aussi, des contrefaçons virent-elles le jour. En 1981, pour contrer de nouvelles versions pirates, « Tintin au pays des Soviets » est réédité sous forme d’un véritable fac-similé. Pour les 70 ans de Tintin, les éditions CASTERMAN, avec l’autorisation de la Fondation HERGE, publient « Tintin au pays des Soviets », toujours en noir et blanc, sous la même forme que les autres albums.
 
Dans cette première aventure, Tintin est envoyé comme reporter du « Petit Vingtième » en Russie. Dès le début, le Guépéou le considère comme une menace et tente de l’éliminer. Entre ses exploits, Tintin trouve le moyen de dénoncer le régime soviétique, dans le pur esprit de la Belgique de l’époque. Il revient finalement à BRUXELLES, accueilli en héros.
HERGE joue avec la prétendue bonne santé économique de l’Union Soviétique. Tintin visitant une usine s’aperçoit qu’elle n’est en fait qu’un simple décor. Il découvre également qu’on ne distribue pas de pain aux jeunes enfants non communistes et que le gouvernement détourne les récoltes des paysans à des fins de propagande à l’étranger. Il y a une scène célèbre où trois communistes s’adressent à un rassemblement de personnes pour procéder à un « vote » entre une liste communiste et deux listes non communistes. Les trois communistes demandent à ceux qui sont contre la liste communiste de lever la main, le tout en braquant leurs revolvers sur la foule. Personne n’osant lever la main, la liste communiste est donc élue à l’unanimité.
 
HERGE n’étant jamais allé en URSS, il puisait principalement ses informations dans le livre « Moscou sans voiles ». Neuf ans de travail au pays des Soviets écrit en 1928 par Joseph DOUILLET, ancien consul de Belgique à ROSTOV-SUR-LE-DON en URSS. Dans son ouvrage, DOUILLET dresse un portrait réaliste du communisme et du gouvernement soviétique. « Tintin au pays des Soviets » est en quelque sorte la mise en BD de « Moscou sans voiles ». Des passages entiers de ce livre se retrouvent dans la BD comme, par exemple, la scène où des communistes se font élire en menaçant les votants avec leurs revolvers alors que DOUILLET la décrit en ces termes :
 
« Le communiste camarade OUBIYKONE (président sortant du comité exécutif) prononça un discours. Voici en quels termes il apostropha la foule : « trois listes sont en présence : l’une est celle du parti communiste. Que ceux qui s’opposent à cette liste lèvent la main ! » Simultanément, OUBIYKONE et ses quatre collègues sortirent leurs revolvers et désignèrent la foule des paysans, l’arme menaçante au poing. OUBIYKONE continua : « Qui donc se déclare contre cette liste ? Personne ? Je déclare que la liste communiste passe à l’unanimité. Il devient donc inutile de faire voter pour les deux autres. »
 
Pas étonnant alors que la FNAC considère cette BD de la manière suivante :
 
Difficile d’aborder un album comme « Tintin au pays des soviets » tant le fossé entre les albums qui ont fait la richesse et la légende d’HERGE et ce pamphlet est grand. Véritable attaque, de la part de ce jeune auteur fraichement embauché au Petit Vingtième, cet album se lit comme une suite de clichés sur la Russie Soviétique.
 
 
Une telle interprétation ainsi qu’une victoire à la Cours d’appel de BRUXELLES sont autant de faits dignes de nous mettre le sourire aux lèvres ! Alors laissons les mécréants dans leur misère morale ; laissons-les dans leur ridicule et leur interprétation faussée de l’œuvre d’HERGE et de l’Histoire. Pour une fois que leur tentative hasardeuse de faire taire l’Occident a échoué, réjouissons-nous. Réjouissons-nous aussi du Solstice qui approche, de cette victoire de la lumière sur l’obscurité ! Avec de tels évènements, le « must » des cadeaux pour nos chères petites têtes blondes devrait être l’album de « Tintin au Congo » ! Quant aux plus grands, et aux plus fortunés, ils pourront toujours chercher un des rares exemplaires de « Tintin mon copain » !
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