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Champ de bataille du Hartmannswillerkopf

4 avril 2013

Notre deuxième randonnée nous a menés sur le champ de bataille du Hartmannswillerkopf.  Le brouillard était de la partie et bien que la marche ne fut pas des plus longues en termes de distance, elle le fut au niveau du timing car nous avon fait de nombreux arrêts et de nombreuses visites de vestiges. Nous remercions d’ailleurs notre guide, le président des Amis du HWK (www.ahwk.fr).

Départ à 09h30 du parking du HIRTZENSTEIN   546 m

Le rocher du HIRTZENSTEIN est un dyke de quartzite qui surgit de la faille vosgienne. La dureté de la roche lui a permis de mieux résister à l’érosion que le grès environnant. En 1265, Berthold de STEINBRUNN y construisit un château. Durant les révoltes paysannes du début du XVIème siècle, il était défendu par Guillaume Rodolphe de WATTWILLER. Fortement endommagé durant la guerre de Trente Ans, il ne survécut pas à la Révolution française.

Le HIRTZENSTEIN fut occupé par les Allemands à partir du 19 janvier 1915 ou le 1er Rheinische Infanterie Regiment 25 l’arrache aux hommes du 28ème Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA). Il sera repris par les Français le 26 mars 1915, repassera sous contrôle allemand le 25 avril. Le piton rocheux sera fortifié à ce moment là. Ils y creuseront une grande galerie munie de chambres latérales. Cette galerie, dont l’entrée est située à l’est débouche au sommet par un puits vertical. Elle est maintenant murée pour préserver une colonie de chauves-souris. Le HIRTZENSTEIN sera repris par le 27ème et le 28ème BCA au cours de l’offensive française du 21 décembre 1915. Ils s’y maintiendront jusqu’au 8 janvier 1916, date de la dernière grande offensive au HWK. Le rocher restera entre les mains des Allemands jusqu’à l’armistice. 

Dès les premières fortifications, nous apprîmes une anecdote au sujet des bunkers. La plupart est faite de tôles ondulées. Certaines sont pourries, d’autres, protégées par une galvanisation à chaud tiennent depuis bientôt cent ans. Le hasard de l’histoire fait que ces tôles galvanisées étaient une commande française à l’Allemagne, afin de faire les arches du métro parisien !

Première pause au cimetière des Uhlans :   600 m

L’endroit est aussi insolite que perdu et au combien émouvant…

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A l’écart des sentiers les plus fréquentés, à 600m d’altitude, se blottit ce cimetière peu ordinaire fait de pierres taillées qui lacement des tombes de soldats exhumés après la guerre. Il doit son nom à la dizaine d’uhlans (die Uhlanen), cavaliers allemands équipés de longues lances, qui y ont été enterrés en avril 1915. On y enterra aussi d’autres soldats allemands, comme en témoignent des stèles qui mentionnent le 56ème Landwehr Infanterie Regiment (LIR) et le 4ème Garde-Jäger Batallion (GJB).

Nos pas nous menèrent ensuite à la cantine ZELLER :   664 m

Nous y fûmes très bien accueillis par la personne de garde ce jour-là et pûmes même visiter les souterrains.

Nous profitâmes de la chaleur et de la convivialité de l’endroit pour prendre une collation.

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La cantine ZELLER se trouve sur la voie serpentine dans la courbe 2. Ici se trouvaient l’État-major allemand du secteur II et le village des pionniers (Pionierdorf) qui comprenait une librairie, un coiffeur, un photographe, un cabinet médical avec dentiste, une cuisine, une chapelle et le cercle des officiers. L’offensive française de décembre 1915 s’arrêta à seulement cent cinquante mètres au-dessus.

Le site a été restauré et le chalet et la chapelle reconstruits. Une auberge y est ouverte durant l’été. Le lieu est dénommé cantine ZELLER en hommage à madame Anna ZELLER qui y vécut entre 1926 et la fin des années 70.

Ensuite nous prîmes la voie serpentine, un ancien sentier qui fut agrandi et aménagé afin de monter du ravitaillement sur le front. En suivant ce chemin jusqu’au sommet, nous avons découvert de nombreux vestiges comme un emplacement d’obusier (Minenwerfer) dont il reste encore les traces au sol.

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Après un déjeuner frugal au pied de la croix sommitale à 957 m, nous sommes repartis vers les lignes françaises.

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Puis,  nous sommes arrivés au cimetière du Silberloch et à la nécropole.

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On peut distinguer deux parties distinctes sur le site du Hartmannswillerkopf aujourd’hui : d’une part le monument national constitué de la crypte et du cimetière militaire du Silberloch ; d’autre part le champ de bataille avec ses vestiges et ses monuments.

Dans la crypte se trouve un ossuaire qui renferme les restes d’environ 12.000 soldats inconnus ainsi que des armes et équipements récupérés sur le champ de bataille. Le cimetière comprend 1.264 tombes de soldats français identifiés ainsi que six fosses communes. Lors des combats de 1915 et 1916, c’est environ 30.000 jeunes européens qui sont morts sur les pentes de cette montagne.

Sur le champ de bataille se trouvent de nombreux vestiges des combats (tranchées, abris et fortins bétonnés) ainsi que des monuments dont les deux les plus célèbres sont la croix sommitale illuminée en béton armé de 20 m de haut et le monument en bronze du 152ème RI.

Au niveau des vestiges d’époque, on constate l’emploi massif du béton armé du côté allemand alors que les tranchées françaises sont plus sommaires, ce qui traduit la volonté défensive de leur territoire par les premiers et la logique offensive des derniers qui considéraient donc que leurs ouvrages n’étaient que provisoires.

De retour sur la crête du Hartmannswillerkopf, nous avons découvert l’arrivée du téléphérique qui venait de la plaine Alsacienne, mais aussi la machinerie de plusieurs centrales à air comprimé. Celui-ci était destiné à alimenter des marteaux piqueurs afin de favoriser le creusage de la roche pour faire de nouveaux abris; mais aussi à renouveler l’air des bunkers et à les maintenir en pression lors des attaques de gaz françaises.

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Avant d’attaquer la descente, une photo souvenir devant le monument en bronze du 152ème RI nous semblait inévitable.

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Notre visite touchait à sa fin, il ne nous restait plus qu’à redescendre aux voitures en empruntant la fameuse Suisse Lippique:

Le balisage emprunte la tranchée qui descend le flanc du HWK depuis l’Untere Rehfelsen, c’est la tranchée de la Suisse Lippique. C’est une remarquable tranchée allemande maçonnée et profonde de 2m50 par endroit. Le nom semble provenir d’une région du Nord de l’Allemagne, la LIPPE et du caractère montagneux du secteur ressemblant à la Suisse ! Cette tranchée est analogue à celle de la Himmelsleiter. Elle est constituée de nombreux abris souterrains et de positions de Minenwerfer. La plupart sont situés sur le côté gauche lors de la descente donc à l’arrière de la tranchée.

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Bonnes chaussures et prudence furent de rigueur ; la tranchée est non seulement haute mais surtout étroite, par moment à peine la largeur d’un sac à dos…

Nous passâmes devant l’abri Hexenküche (cuisine des sorcières). Cette zone très exposée aux tirs méritait bien son nom.

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