h1

A la découverte du feu

17 septembre 2013

Amis Vandervogel bonjour,

Avant tout chose nous tenons à remercier le camarade qui s’est généreusement proposé de nous donner quelques conseils quant à la vie en plein air. Il s’agissait dimanche de la première sortie de ce genre et c’est avec plaisir que nous nous reverrons en janvier prochain pour mettre à profit ces astuces mais dans un environnement plus hivernal….

 Voici maintenant un petit condensé de ce que nous avons appris pour passer une nuit de façon sereine en forêt au printemps, en été ou encore en automne.

Avant toute chose, il nous faut choisir l’endroit idéal pour installer son bivouac. Cela peut se préparer sur une carte IGN à l’avance. Pour se faire, il faut opter pour un endroit où les lignes de courbes sont assez distantes les unes des autres, cela signifie que le terrain est plat. Ensuite, il faut privilégier un bivouac assez loin des points de passages, donc au milieu entre deux chemins par exemple. Il faut également éviter de s’installer trop près d’un sommet. Même si la vue est belle, c’est un endroit souvent venteux. Autre points à privilégier :

  • Placer son bivouac dans une forêt ou non loin d’une forêt afin de récupérer du bois pour le feu et/ou l’abri.
  • Placer son bivouac non loin d’un point d’eau. Cela permet de se laver mais évite également de porter, stocker ou chercher de l’eau trop loin.

L’abri :

Dans le domaine du bushcraft, on le qualifie parfois l’abri de « tarp » ou tarpaulin, du nom de la bâche polyéthylène laminé utilisée pour le monter. Cette toile résistante et imperméable est utilisée pour dresser un abri temporaire ou semi-temporaire, notamment pour dormir. Contrairement à une tente, un tarp n’est pas une protection fermée englobante. Sur le plan de la terminologie, un tarp fait référence à l’abri tout entier (toile, montants et fixations) et on dit « dormir sous tarp ».

L’idéal est de préparer son abri deux heures avant la tombée de la nuit, voir même trois heures en hiver. Prioritairement, il faudrait opter pour l’abri plutôt que pour le feu. Aussi, le fait d’être à plusieurs binômes permettrait de diviser les tâches à réaliser pour passer une nuit optimum.

 L’abri se fera à l’aide d’une bâche tendue (3m x 3m pour 53.90 €) entre deux arbres ou plus. Il est important d’opter pour une bâche de qualité. La plupart des produits référencés ici sont disponibles sur les sites d’ASMC, USMC, et de la Coutellerie Tourangelle. A chaque fois, un lien hypertexte vous mènera au bon produit. Ceci dit, si vous préférez la proximité, vous pouvez optez pour Décathlon ou des magasins de surplus militaire.

 Une fois la bâche sortie du sac, il va falloir l’accrocher à un arbre. Pour cela il est bon d’avoir de la corde. Différents morceaux de corde sont les bienvenus. Un agencement d’un morceau de 10m et de 20 m de cordelette ainsi que 10m de paracorde sont à privilégier. La paracorde (30m pour 9.80 €) à l’avantage d’être composée de 7 brins que l’on peut séparer et utiliser pour pêcher ou toute autre fonction. Quant à la cordelette normale, elle ne prend pas de place et peut être utilisée pour tout. Pour bien faire, il faut l’enrouler en petit paquet et y rajouter un mousqueton.

 L’installation de l’abri peut se faire de deux façons différentes. Dans les deux cas, il est important de supprimer toutes les petites branches qui dépassent du tronc jusqu’à 2m de haut. Cela évitera de se les prendre dans les yeux la nuit ou lors de manipulations. Puis, à la hauteur de la poitrine, on accrochera la première extrémité de la corde autour de l’arbre, grâce à un nœud sibérien.

Noeud siberien

IMG_5817

Ensuite on pourra passer la corde dans les œillets du milieu de la bâche, ou alors faire une boucle dans l’œillet et la coincer à l’aide d’un bout de bois. Si jamais un œillet est cassé, il est toujours possible d’accrocher la bâche. Pour se faire, on glisse une pierre de taille moyenne dans la bâche, on l’enveloppe tel un balluchon on enroule la corde autour. Il ne reste plus qu’à accrocher la corde à un autre arbre et à la tendre.

IMG_5816

Si l’on compte faire un feu et profiter de la chaleur du feu, il faudra relever un pan de la bâche.

Abri 2 pour feu

Sinon, les deux pans seront fixés au sol, comme une tente, avec des sardines artisanales faites de petits bouts de bois récupérés et taillés en pointes.

Abri 1 en tente

Dans les deux cas, en cas de pluie, il est important de creuser une petite tranchée sous le pan qui descend vers le sol afin d’évacuer l’eau de pluie et qu’elle ne rentre pas sous la tente. Une pelle de tranchée (27.00 €) s’avère nécessaire. Il est préférable de préconiser une pelle en une seule partie à une pelle articulée. C’est un outil important qui une fois affuté peut service de petite hache. Si elle a un manche en bois et que ce dernier casse, il pourra être aisément remplacé dans la nature.

 Une fois l’abri créé, il faudra installer son lieu de couchage. Idéalement avec un tapis de sol (18.50 €), mais ce dernier peut être remplacé par un lit de petites branches de sapins qui isolent très bien du froid et de l’humidité.

Ensuite il faudra sortir votre sac de couchage. Comme pour la bâche, l’investissement dans un sac de couchage de qualité est très important. Aussi, nous, vous conseillons d’investir dans un sac de couchage Carinthia (modèle Defense 4 à 169.00 €) avec un doublage synthétique, plus léger et qui sèche plus vite que le duvet. En été, une simple couverture en laine permettra de se protéger suffisamment.

Un sur sac de couchage en Gore Tex (64.00 €), comme ceux de la marque française Millet est également important pour éviter l’humidité et les courants d’air.

Les sacs à dos seront disposés autour des zones de couchage pour servir de « parois » afin de lutter contre les courants-d’air.

En cas de pause rapide, lors d’un orage ou par temps froid, on peut se mettre en boule, couverture ou doublure de parka sur le dos et assis sur son sac afin de s’isoler de l’humidité.

Le feu :

Le feu sert à chauffer ses aliments mais aussi à se réchauffer. En hiver, un test rapide permet de voir si l’on souffre ou non du froid. Si l’on n’arrive plus à faire se toucher le pouce et le petit doigt, c’est qu’il est urgent de faire du feu.

Une fois l’abri monté, il faudra consacrer ses efforts à la réalisation d’un feu et à son entretien. Si c’est uniquement pour réchauffer sa popote on peut utiliser un réchaud à gaz (ici à 59.00 € avec la popote) ou à pétrole gélifié (5.95 €). Par contre, si l’on souhaite en plus le côté convivial et réchauffant, il faudra opter pour un véritable feu de camp.

Dans tous les cas, il est bon de toujours prévoir une triple solution d’allumage :

  • Briquet
  • Allumettes, si possible des longues pour permettre un allumage plus sûr. Si ces dernières sont mouillées, on peut les sécher en les passant dans les cheveux. Pour éviter qu’elles prennent l’humidité, il faudrait les stocker avec du papier grattoir dans un tube étanche comme un tube à vitamines par exemple.
  • Fire-steel ou pierre à feu de type Light my fire à 9.90 €.

Pour éviter de chercher les articles dans les différentes poches de son sac, il est recommandé de les ranger par famille d’objet dans des pochettes ou des boites fermées et faire des kits, par exemple pour le feu, avec briquet, allumettes, allume-feu, fire-steel et pétrole gélifié, bois gras, etc…

Concernant le bois, dans un premier temps il vaut mieux récupérer le bois mort tombé des arbres mais n’étant pas à terre. Ce dernier est plus sec et plus à même de lancer un feu. Avant de commencer le feu, il faudra préparer un bon tas de ce bois et de différents diamètres.

Durant la randonnée, il est bien d’anticiper l’allumage du feu et de récolter par exemple de la pellicule d’écorce de bouleau ou de la sève de sapin lorsqu’on en croise.

Naturellement, pour préparer ce bois et ce feu, l’idéal est d’avoir une hachette, une scie et un couteau monobloc type Mora knive par exemple à 14.50 €.

Une fois un bon tas de bois ramassé, on pourra lancer le feu. Il faut le faire environ à 1m de l’abri pour éviter que ce dernier ne soit abimé par les braises. La zone où sera fait le feu devra être nettoyée à l’aide d’une pelle de combat et grattée sur 4 à 5 centimètres de profondeur. Ensuite, il faudra préparer un lit de bois sur lequel faire le feu. Ce lit évitera d’être en contact direct avec la terre, et donc l’humidité.

IMG_5820

Les plus gros morceaux de bois devront être sciés en petites buches qui seront à leur tour fendues en 4 voir en 8. En effet, c’est au centre que se trouve le bois le plus sec, donc le plus à même de lancer un feu. Ensuite, à l’aide d’un couteau monobloc, il faudra tailler de petits copeaux de bois dans le centre de ces buchettes. Un grand nombre de ces copeaux est nécessaire au bon allumage d’un feu. Une fois que les buchettes seront bien entamées, il faudra les poser sur ce tas de copeaux.

IMG_5821

Quand le bucher est prêt, on pourra l’allumer à l’aide d’un briquet ou d’une allumette. L’autre solution consistant à allumer de très fin copeaux de bois gras, de l’écorce de bouleau ou de la sève de sapin à l’aide d’un fire-steel puis d’incorporer cette flamme dans le bucher.

IMG_5826

IMG_5827

Tous ces éléments étant relativement secs le feu devrait prendre rapidement. En cas de fort vent ou d’humidité, il est toujours possible de rajouter dans le feu de l’alcool gélifié ou encore des tablettes allume-feu.

Quand le feu aura bien pris, il est également possible d’y incorporer une grosse pierre. Cette dernière va chauffer et servira de bouillotte dans l’abri.

Que ce soit pour transporter la pierre, pour manœuvrer les éléments chauds de cuisine ou encore lors du travail à la scie ou au couteau, une paire de gants de protection est la bienvenue dans le sac.

Le matériel :

Un certain nombre d’articles indispensables a déjà été évoqué plus haut. Avant de se retrouver seul dans la Nature, il faut veiller à acquérir du matériel de qualité puis apprendre à s’en servir. A chaque sortie révisez les fondamentaux : essayez de faire un nœud, monter une bâche, faites du feu, tâchez de reconnaitre des arbres ou des plantes, etc….

Une règle importante est à retenir pour la (sur)vie en forêt ; la règle des 5 C :

Contenir           Avoir un sac pour contenir son matériel, des sacoches, des pochettes, etc…

Combustion    Avoir de quoi faire du feu

Cordage           Avoir toujours de la corde avec soi, idéalement 2x 10m ou encore des bracelets de survie avec 5m de paracorde ficelés dessus

Couper              Avoir différents couteaux ; un fixe et un pliable avec différents outils (pince Leatherman à 39.00 € ou couteau Suisse à 28.50 € par exemple)

Couvrir              Avoir de quoi se couvrir pour la nuit ou une pause, sous forme de couverture ou de sac de couchage

Comme évoqué précédemment, il est important de partitionner son matériel selon son usage et de mettre toutes ses affaires dans des pochettes (28.99 € pour un modèle assez grand) relatives à leur fonction. Ensuite, il faut mettre au fond du sac les affaires les moins urgentes (sac de couchage, sur-sac) et le plus important au-dessus.

Affutage :

Il existe des petits affuteurs très pratiques à moins de 4.00 € et qui permettent d’aiguiser différentes lames sans trop de risques.

Sinon, il est possible de fabriquer son propre affuteur. Pour se faire, il suffit de prendre des planchettes en contreplaqué, matériau léger et facilement usinable. Sur chaque face il suffit de coller de la toile émeri. L’idéal est de faire deux planchettes. Sur chaque face on met un autre grain, allant de 240 à 1.000 en passant par 400 et 600 par exemple. Au moment de découper la planchette il faudrait veiller à respecter une taille permettant de faire trois planchettes avec une feuille.

aiguis1

L’affuteur étant fabriqué, il suffit de venir plaquer la lame du couteau contre ce dernier et de la tirer. On passera progressivement d’un grain à l’autre. Pour finir, on peut procéder de même sur le revers d’une ceinture en cuir.

Boisson :

Toujours privilégier l’eau à des boissons énergisantes ou sucrées. Ces dernières donneront un coup de fouet pendant un moment, mais en jouant sur notre glycémie, elles nous fatigueront à long terme.

Pour le transport de l’eau, une gourde en plastique (8.99 €) reste le moyen idéal. C’est solide, peu encombrant et non sujet aux champignons. Le mieux étant une gourde militaire avec un quart incorporé dessous. Ce dernier pourra être utilisé pour la cuisson d’aliments sur un feu ou un réchaud.

Les poches à eau type Camel bag permettent certes une hydratation rapide et continue, mais sont plus sensibles au gel et aux champignons. Plus onéreuses, elles ne sont pas vraiment à privilégier.

Afin de pouvoir prendre de l’eau dans la nature sans risque, il est bon également d’investir individuellement dans des cachets purificateur d’eau (22.99 € les 40, disponibles également en pharmacies) et au niveau du groupe dans des filtres (comptez jusqu’à 129.99 € pour un modèle Suisse de la marque Katadyn).

Repas :

A chacun de prendre ce que bon lui semble. En hiver les repas chauds sont à privilégier. Ils seront plus faciles à digérer que du froid et apporteront plus de calories sans en utiliser pour l’assimilation. De nombreux repas lyophilisés existent, mais ils sont généralement assez chers. Aussi, des féculents comme le quinoa sont à privilégier. Sans gluten, riche en Omega 3 et en protéines, il se cuisine facilement. On peut envisager en prendre une pleine gamelle pour un binôme.

Durant l’effort, quelques barres de céréales ou des fruits secs, de noix ou de noisettes sont aussi les bienvenus.

Le sucre est assimilé rapidement par l’organisme et donne un coup de fouet rapide. De plus il contribue au niveau cervical à procurer une rapide sensation de bienêtre. Il est donc bon d’avoir quelques morceaux de sucre ou de chocolat avec soi.

Il est important également de préférer l’hydratation au repas. Rappelez-vous que l’on peut tenir 3 semaines sans manger mais seulement 3 jours sans boire[1] !

Hygiène :

Bien qu’étant en forêt, il est important d’avoir un minimum d’hygiène. Le rasage est à proscrire, essentiellement pour éviter une coupure. Pour se laver rapidement les aisselles et les parties intimes, un petit paquet de lingettes pour bébé est idéal. Un savon de Marseille, une brosse à dents et du dentifrice font également parti du nécessaire vital.

Soins :

De suite après l’hygiène vient le problème des soins. On peut diviser les soins à apporter en forêt en 3 parties : coupure, douleur, prévention.

Coupure :           Compresses stériles, désinfectant en bombe, Bétadine, ciseaux, gants d’opération, bandage, sparadrap en bande, steri-strip, coussin hémostatique, etc…

Douleurs :           Doliprane 1000 ou autre contre les douleurs, Smecta pour le mal de ventre, cachets de charbon végétal contre les maux de ventre, Imodium, etc…

Prévention :        Tire tique, pincette, produit anti moustique, crème solaire, couverture de survie, etc…

Tout ce matériel peut être complété selon ses propres besoins mais sachez qu’il existe des trousses de secours quasi complètes pour moins de 40.00 €, en ligne ou auprès de votre pharmacie.

Habits :

Ils devront naturellement être de saison. Il vaut mieux prévoir plusieurs couches, quitte à en enlever certaines, plutôt qu’un habit trop épais qu’on ne peut enlever sans risquer d’avoir froid.

Dans tous les cas, il faut prévoir des habits amples pour ne pas être trop écrasé et en coton. Ces derniers sont solides et ne risquent pas de prendre feu.

Les habits de rechanges (sous-vêtements, habits spécifiques, etc…) devront être dans un sac étanche à l’intérieur du sac à dos.

Pour finir, nous vous rappelons que tous les principes vus ce week-end sont une base. Elle nécessite d’être travaillée régulièrement, au calme mais aussi en condition afin que tout cela devienne un automatisme. Travaillez cela seul, entre camarade ou en famille. Rendez la chose agréable et non comme une tâche répugnante.

Pour acquérir un nouveau savoir il est important de lire certains ouvrages sur les techniques de survie, mais aussi sur les plantes utiles dans notre région, les arbres, etc… Ces ouvrages doivent être choisis pour leur rigueur et leur petite taille, ainsi il sera possible de les glisser dans une pochette et de les emmener avec vous car c’est sur le terrain que vous en aurez le plus besoin, et non en livre de chevet….

Un magazine trimestriel existe également, il s’agit de Bushcraft attitude. Le premier numéro est disponible gratuitement sur Internet, le second est encore en librairie.

Nous espérons que cette sortie a été enrichissante pour vous. Encore une fois nous en profitons pour remercier le camarade qui s’est gracieusement proposé de nous donner cette formation. Nous nous reverrons en janvier pour une évaluation sur le terrain. D’ici là tâchez d’investir dans le bon matériel, Noël approche…..

 

 [1]         L’adage dit : « On peut mourir en 3 secondes sans attention ; 3minutes sans respirer ; 3 heures de froid ; 3 jours sans boire ; 3 semaines sans manger et 3 mois sans contact social ».

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :