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Seppi tag en Milhüsa

19 mars 2014

A vous, Kamarades travailleurs, ouvriers et tâcherons, soyez fiers de votre labeur et faites-le avec plaisir et passion.

Ne vous laissez pas tenter par les sirènes syndicalistes ou les lanternes communistes qui dans leurs sillages drainent l’ombre de 100 millions de morts.

L’unique issue à vos appels incompris se trouve dans un renouveau de notre Terre et de nos Traditions.

Aussi en voici une qui vous est spécialement dédiée.

 

Le 19 mars est le jour de la Saint Joseph. En alsacien, on a l’habitude de mettre un -i à la fin des prénoms : Auguste devient Güsti, Bernard devient Berni ou encore Joseph devient le célèbre Seppi. Ainsi, la Saint Joseph se dit en alsacien : « Seppi tag ».

Charpentier de son métier, Saint Joseph travailla pour subvenir aux besoins de Marie et de Jésus. Il initia le « fils de Dieu » aux travaux des hommes. C’est pour cela qu’en 1955, le Pape Pie XII a institué la fête de Saint Joseph travailleur le premier mai en plus de sa fête du 19 mars. Saint Joseph est le patron des charpentiers, des bûcherons, des artisans, des charrons, des ébénistes, des ingénieurs, des sonneurs de cloches et des travailleurs manuels en général. Il est le modèle et le protecteur des travailleurs chrétiens. On le prie pour obtenir la grâce de trouver un emploi ou pour bénir tout ouvrage et tout travail qu’on lui aura confié. Dans le canton de Schwytz, en Suisse, la majorité des magasins sont d’ailleurs fermés en ce jour.

Mais les saints de l’église catholiques ne sont pas toujours barricadés dans leurs carcans. Leurs fonctions peuvent changer ; leurs sens se folkloriser et se calquer sur les figures des rituels agro-calendaires. Parmi les grands classiques alsaciens, il y a les deux Saint Jean, gardiens des solstices. Mais le saint le plus populaire et le plus familial, à en juger par la popularité du prénom, est Joseph, allias « Seppi ». Il y avait autrefois beaucoup de « Seppi » dans les vallées, c’était un prénom très répandu et il y en avait de toutes les sortes…

Avec l’industrialisation, ils ont quitté leurs vallées et leurs villages pour la cité du Bollwerk. L’essor de l’industrie, moteur du développement de la ville, a d’abord été le fait de l’industrie du textile, puis des activités attenantes : mécanique et industrie chimique. Quelques éléments de ce secteur ont survécu jusqu’à nos jours, mais la crise qui a frappé le textile après la Seconde Guerre mondiale a frappé durement MULHOUSE. Une réorientation majeure s’est opérée avec l’implantation d’un centre de production automobile en 1962, qui a entraîné une restructuration d’une grande partie du tissu industriel local. A noter la proximité également du bassin potassique qui fut un grand pourvoyeur d’emplois tout au long du XXème siècle.

sacmD’un point de vue architectural, MULHOUSE dénote avec le reste de l’Alsace. L’une des principales raisons provient de son histoire marquée par une croissance urbaine extrêmement rapide au XIXème siècle, la faisant passer du statut de bourg à celui de ville importante en quelques décennies. En effet, tel GLASGOW au Royaume-Uni, MULHOUSE fut au centre de la révolution industrielle. Voici d’ailleurs une liste non exhaustive des plus importantes sociétés qui ont participé à l’édification industrielle de cette ville.

DMC :                           En 1746, Jean-Henri DOLLFUS, fonde une entreprise textile avec deux autres jeunes entrepreneurs Jean-Jacques SCHMALZER et Samuel KOECHLIN. Profitant de l’engouement de l’époque pour les tissus peints et du talent artistique de Jean-Henri, ils deviennent les pionniers en Europe de la fabrication industrielle des imprimés indiens peints à la main.

SACM :                         André KOECHLIN ouvre un atelier de construction de locomotives à MULHOUSE en 1839. Les affaires se développeront vite et KOECHLIN fusionne avec les Ateliers de Graffenstaden pour créer la Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM). L’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871 entraîne le repli de la SACM à BELFORT. En 1893, la traction électrique ferroviaire commence à prendre un certain essor, General Electric s’associe à la compagnie française Thomson-Houston. En 1928, Thomson-Houston fusionne avec une partie de la SACM pour former une nouvelle entreprise. Ce sera Als-Thom contraction d’ALSace-THOMson. ALSTHOM deviendra ALSTOM lors son introduction en bourse de NEW-YORK en 2001.

SCHLUMBERGER :    Nicolas SCHLUMBERGER s’établit à MULHOUSE en 1545, où il devient tanneur. C’est la naissance de l’une des plus grandes dynasties industrielles françaises active dans le textile, la mécanique, l’électronique, le pétrole, la banque et la viticulture.

Toutes ces usines, et bien d’autres, ont embauché des cohortes de « Seppi » dans leurs ateliers. A l’époque, bien que les 35 heures et que les congés payés n’existaient pas, certains patrons étaient bien plus humains qu’aujourd’hui et souhaitaient aider au mieux leurs employés.

De nombreuses maisons d’ouvrier ont vu le jour à ce moment-là. Jean DOLLFUS instaura même un projet de « cités ouvrières » qu’il confia à l’architecte Jules SCHERR. Il offrit le terrain et demanda à ce qu’une église soit construite en moins de 2 ans, avec un budget limité. Encouragé à s’orienter vers des solutions audacieuses, SCHERR dessina un édifice à structure métallique apparente. Ce fut un magnifique succès et la troisième église catholique de MULHOUSE, rue de STRASBOURG, au cœur de « la cité », fut consacrée en 1883. Lorsqu’en dehors de l’usine, le bistrot et l’église étaient les seuls horizons de la Cité, il n’est pas étonnant qu’elle fût baptisée du nom de Saint Joseph !

Le chanoine Henry CETTY a en charge de la paroisse créa également de nombreuses œuvres sociales comme système de prévoyance, assurances contre la maladie, pensions pour les veuves, patronages ouvriers, crèche, etc…

La plus connue de ses créations est la première Caisse de Crédit Mutuel (Saint Joseph) en 1896 qui, sans subventions de l’État, permit la construction ou la rénovation de mille logements entre 1897 et 1909. Comme quoi Seppi était partout…..

Confronté comme nous aujourd’hui à la montée de l’individualisme, il fut décidé de fédérer tous les travailleurs de la ville autour de la fête de Saint Joseph, d’organiser des réjouissances et des cortèges, retisser des liens entre la nature qui apporte la matière première, les professionnels et les habitants de la ville. Le « Seppi tag » était né.

Outre les ouvriers, c’était aussi la fête de tous les artisans du bâtiment. Pour comprendre l’importance de la fête, il suffit de savoir que le bâtiment en hiver ne marchait pas fort, et qu’il n’y avait pas encore de caisse des congés payés du bâtiment pour assurer le lien pendant les périodes d’intempéries. Le 19 mars, c’est presque le printemps, c’est le redémarrage des chantiers, c’est pourquoi cette fête était tellement importante pour les artisans du bâtiment.

En effet, le 19 mars marque la montée de la sève et l’envol des oiseaux. C’est au milieu du mois de mars qu’ils construisent leur abri et entament la saison des amours. A ce sujet le proverbe dit : « Pour la Saint-Joseph, chaque oiseau bâtit son château. »

Il était de tradition, autrefois dans les campagnes, de célébrer pour le « seppi tag » le mariage des oiseaux qui a lieu à l’équinoxe de printemps. Les ethnologues soulignent que cette tradition du mariage des oiseaux donnait lieu dans certains villages à des regroupements festifs auprès de ce qu’ils nomment des « pierres à oiseaux ». D’autres termes existent comme « la pierre du mariage des oiseaux », « la table du mariage des oiseaux » ou encore « la pierre au saut ».

Pour le « seppi tag », on se rend en bande à la « Pierre » et on saute deux par deux en se tenant la main : un mariage façon oiseau ? Toujours est-il que garçons et filles sautent ce jour-là et durant toute l’adolescence, jeu qui sans doute d’année en année, apparie peu à peu les couples. Accompagnant le saut, une onomatopée imitant un cri d’oiseau est émise par le garçon, qui le chante ou le siffle.

Ce rite, avec sauts et appariements, se rapproche finalement de celui de la Saint Jean, où la lumière trouve sa place avec le feu solsticial au-dessus duquel on saute pour avoir la chance de se marier dans l’année ! Le printemps et l’été émoustillent les sens, et l’on pense alors à perpétuer le clan…

rocher du mariage des oiseaux

Cette année, vous le remarquerez si vous leur accordez quelques instants d’observation, les oiseaux sont bien en peine car le printemps tardif a privé les arbres de feuilles et ils ont bien des soucis pour y cacher leurs nids qui devraient déjà être prêts pour les futures couvées. Le redoux aidant, depuis quelques jours, ils mettent les becquées doubles pour assurer leur descendance ! A leur image, ne perdons pas courage et profitons du Seppi Tag pour mettre les bouchées doubles dans notre lutte.

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