Archive for the ‘Traditions d’Europe’ Category

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Schieweschlawe, Schybaschlaha, ou Scheibenfeuer…

13 mars 2014

Mais que signifient donc ce charabia barbare venu d’outre-tombe ???? Nous pourrions traduire ces termes alémaniques en « disque frappé » ou « disque brûlé ».

De quoi s’agit-il ? C’est une tradition germanique liée au carnaval ; une très ancienne coutume d’Europe centrale où des disques incandescents de bois sont jetés au moyen de piques depuis les pentes des collines vers la vallée, afin d’expulser les esprits de l’hiver. Cette tradition s’était fixée précisément là où une éminence naturelle permettait à l’arabesque rougeoyante de rendre son plus bel effet.

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Le premier document attestant des Scheibenschlagen date du XIème siècle. Il s’agit d’une gravure datant du 21 mars 1090 et expose qu’un couvent a été incendié à LORSCH, en Allemagne, par un disque enflammé lancé lors d’une fête d’équinoxe de printemps. Toutefois, des origines encore plus anciennes semblent exister, puisqu’un capitulaire de Charlemagne datant de 742 interdisait déjà de tels feux en raison des dangers qu’ils présentaient pour les habitations !

Nous retrouvons cette pratique depuis la Souabe-alémanique jusqu’au Tyrol du Sud. Mais c’est essentiellement autour de la partie Sud de la plaine du Rhin (Forêt-Noire, Breisgau, région de Bâle, Alsace), dans le Vorarlberg, dans les régions du Tyrol de l’Ouest et du Sud, dans les Grisons et dans la vallée du Rhin de Coire que la tradition est la plus ancrée. Quoique nous trouvons même des équivalents jusqu’en Roumanie !

Cette fête correspond à une survivance d’anciens rites païens. Nos ancêtres voyaient deux forces s’affronter : le monde favorable de l’été et le monde hostile de l’hiver. Pour eux, qui vivaient au rythme de la Nature, c’était un éternel combat entre lumière et ténèbres, entre la vie et la mort. Les rites qu’ils pratiquaient tel le Scheibenschlagen devaient favoriser les forces magiques ainsi que le réveil de la nature. Bien plus, les disques enflammés projetés dans la nuit, devaient chasser le froid de l’hiver et les mauvais esprits.

Chaque lanceur formulait ainsi des vœux de prospérité pour la saison à venir. En réussissant à lancer son disque haut et loin, on pensait s’attirer les faveurs des Dieux.

La coutume a toujours lieu le premier week-end de carême, appelé Buurefasnacht (carnaval des paysans ou vieux carnaval). Seul le village de Bernau, en Forêt-Noire, organise jusqu’à huit lancés de disques durant la semaine de carnaval sauf le mercredi des Cendres. De nos jours ce sont les organisations du village, les clubs ou les pompiers volontaires qui organisent cet événement. L’endroit où le feu est allumé et les disques sont battus se nomme dans de nombreux endroits Scheibenbühel ou roches des disques.

Dans les Grisons, ce sont les jeunes conscrits qui organisent la fête et jettent les disques en poussant leur dicton en romanche : « Oh tgei biala schibetta per la… (nom d’une fille) », soit : « Oh quelle belle roue pour… » ! En Suisse on donne à cette coutume le terme de « Schybaschlaha ».

Chez nous en Alsace, c’est le « Schieweschlawe ». Le lancer de disques le plus renommé à lieu à OFFWILLER, petit village au Nord du Bas-Rhin. Plusieurs semaines avant le carnaval, les préparatifs commencent. Toutes les bonnes volontés du village, quel que soit leur âge ou leur fonction, ramassent du bois mort dans la forêt communale et le déposent dans une clairière qui domine le village (le Schiewebarri). Là, sept grandes pierres plates sont dressées de manière à former autant de tremplins dirigés vers la vallée. Dans d’autres endroits, faute de pierres spécifiques, c’est un simple chevalet fait d’une planche de bois qui est utilisé pour frapper le disque.

Un grand feu est allumé dans l’après-midi. Dans les villages organisateurs, une atmosphère étrange et feutrée indique que derrière les petits carreaux des fenêtres se réjouissent des familles qui se livrent aux ultimes préparatifs de la fête… Les habitants et les familles se rencontrent et dégustent des boissons chaudes et des pâtisseries locales, les traditionnels Fasenachtskiechle (beignets de carnaval) qui, par leur forme, rappellent les disques du Schieweschlawe

Au crépuscule, le ciel rougeoyant annonce le début des festivités. Les habitants sortent de chez eux. La plus part portent des colliers de disques et tiennent de longs bâtons de noisetier. Souvent, une procession aux flambeaux les mène au Schiewebarri.Schiebi 02

Les disques, en bois de hêtre, sont selon les endroits, carrés ou ronds et d’un diamètre de 10 à 12 cm pour une épaisseur d’environ 2 cm. Ils sont percés au centre et sont achetés chez le menuisier du village ou sur les lieux mêmes du lancer. Il y a quelques années encore, chaque famille taillait ses propres disques dans des rondelles de bois de hêtres dont on amincissait les bords à coups de hachette. Le trou du centre était percé soit à la tarière, soit au fer rouge. Il en coute environ 12 € les 25.

Fixés solidement sur les bâtons, les disques sont ensuite placés dans l’énorme bûcher. Le bord aminci s’enflamme rapidement. Le lanceur brandit ensuite le disque rougeoyant en le faisant tournoyer au-dessus de sa tête, ainsi sa lueur sera renforcée par le balancer du bâton. Le lanceur s’approche alors d’un des tremplins de bois ou de pierre et durant ses moulinets énonce souvent des formules comme celle-ci :

« Schiebi, schiebo, wem soll die Schiebe go? Die Schiebe soll em (nom de l’élue) go. Goht sie it, so gilt sie it ! » Ce qui pourrait se traduire en : « Schiebi, schiebo, pour qui doit aller le disque ? Le disque devrait aller pour (xxx). S’il n’y va pas, elle ne viendra pas à moi ».

Le disque est alors frappé avec dextérité contre le tremplin : il rebondit en lançant des étincelles et le voilà parti dans l’air comme une étoile filante qui décrit une gracieuse courbe lumineuse vers la vallée. Bien entendu, il s’agit de lancer son disque avec adresse, haut et loin et de lui faire suivre une trajectoire harmonieuse.

Les femmes restent pour la plupart spectatrices, mais n’en encouragent pas moins leur famille. Certains virtuoses envoient leurs disques avec aisance et nonchalance et recueillent des cris et des sifflements d’admiration, d’autres, plus maladroits ou malchanceux se retrouvent hués !

Toute la veillée est ainsi rythmée par de petites émotions et l’événement n’est terminé que quand tous les ménages ont jeté leurs disques ce qui peut durer longtemps.

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Malgré l’originalité de cette coutume, chaque village insiste sur le fait que le Schieweschlawe doit rester authentique ! Aussi, les festivités ne sont entourées d’aucune publicité ni d’aucun commerce. A vous de trouver les bonnes adresses en Alsace et Outre-Rhin et de regarder dans votre calendrier quand tombe le premier week-end de Carême !

Le Schieweschlawe célèbre l’équinoxe de printemps. A partir de cette date les journées commencent à être plus longues que les nuits. Dans la préhistoire, les Européens appelaient déjà la renaissance du soleil par toutes sortes de manifestations visuelles ; avec cette coutume, nous perpétuons une pratique issue de la nuit des temps. Comme nos ancêtres, nous lançons vers la voute céleste des centaines de petits soleils qui sont autant de lueurs d’espoirs, autant de prières pour un retour rapide du printemps.

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Saint-Nicolas

21 novembre 2012

La Saint-Nicolas est une fête principalement dédiée aux enfants, bien que les parents et amis y jouent un rôle important. Dans cette période froide et sombre qu’est l’hiver, la Saint-Nicolas permet de resserrer les familles pour une chaude veillée avant Noël. Cette fête met en scène le Saint-Nicolas de MYRE. Dans plusieurs pays européens, c’est une tradition vivace et importante, qui se déroule le 5 et/ou le 6 décembre.

 

On fête la Saint-Nicolas essentiellement aux Pays-Bas, en Hongrie, en Pologne, en République Tchèque au nord et au nord-est de la France, en Lorraine mais surtout en Alsace où la tradition est fortement ancrée. Dans d’autres pays comme la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse, la Saint-Nicolas est également fêtée mais avec une interprétation différente ; plus proche du procession aux flambeaux de la Saint-Martin ou de la fête des lumières. Saint Martin, rentrant de croisade a, selon l’histoire, coupé son manteau en deux parties, afin de préserver du froid de l’hiver un mendiant sur le bord du chemin.

Aussi, le point commun à ces célébrations est la distribution de petits cadeaux ou de friandises aux enfants ainsi que la nécessité d’une veillée supplémentaire au plus profond de l’hiver.

 

 

La Saint-Nicolas est une fête inspirée d’une personne ayant réellement vécu, Nicolas de MYRE. Né àPATARA au sud-ouest de l’Asie mineure entre 250 et 270, il fut le successeur de son oncle, l’évêque deMYRE.

De son vivant, Nicolas de MYRE fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Il fut bienveillant et généreux. L’empereur DIOCLÉTIEN régnant alors sur toute l’Asie mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l’emprisonnement de Nicolas qui fut contraint de vivre, un certain temps en exil. En 313, l’empereur CONSTANTIN rétablit la liberté religieuse, et Nicolas put alors reprendre sa place d’évêque.

Nicolas serait décédé un 6 décembre 343. Il fut enterré à MYRE, mais ses ossements furent volés en 1087 par des marchands italiens qui les emportèrent à BARI en Italie. Selon la légende, Saint Nicolas aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Les miracles attribués à saint Nicolas sont si nombreux qu’il est aujourd’hui le saint patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les marins, les prisonniers et les avocats. En Allemagne, la journée du 6 décembre fut choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins.

Dès le Xème siècle, une relique (une phalange du Saint) fut transférée de BARI vers le Duché de Lorraine. Au sud de NANCY, à SAINT-NICOLAS-DE-PORT, fut édifiée une grande basilique dédiée au Saint. Vénéré et très souvent invoqué il deviendra très rapidement le saint-patron de la Lorraine.

 

Aujourd’hui, Saint Nicolas passe dans les maisons et les écoles pour apporter aux enfants sages des friandises : pommes, noix, gâteaux, bonbons, chocolats et surtout des Mannalas et de grands pains d’épices représentant le saint évêque.

Toutefois, en Alsace, Saint Nicolas est accompagné du terrible HANS TRAPP (ou père fouettard)… Vêtu d’un manteau noir sale à grand capuchon, de grosses bottes en fourrure et portant un fouet et un sac. Il n’a pas le beau rôle puisqu’il distribue des coups de trique aux enfants qui n’ont pas été sages, menace de les emporter dans son sac ou leur donne encore du charbon, des pommes de terre ou des oignons pourris plutôt que des cadeaux… Le HANS TRAPP est également représenté avec des cornes et une queue ; véritables connotations diaboliques ! Il est là pour faire peur à la foule : il agite des chaînes, poursuit les gens avec des bâtons et les jeunes filles pour les palper. Gare aux enfants qui ne répondraient pas bien aux questions de Saint Nicolas ; le HANS TRAPP essaye alors de les emmener dans son sac !

 

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, dans les familles alsaciennes, il est de coutume de se rassembler au coin du feu, dans la pièce principale de la maison, la Stuewa, au coin du feu et d’attendre la venue du Saint Nicolas. Parfois monté sur un âne, il est suivi du sombre HANS TRAPP. Tous deux passent ainsi dans les villages, afin de rendre visites aux enfants.

Ce soir-là, le repas est léger et l’on ne mange que des Mannalas avec un bon chocolat chaud.

De l’alsacien « petit bonhomme », un Mannala est une sorte de pain au lait en forme de petit bonhomme. Le Mannala est censé représenter Saint Nicolas, ou encore les trois enfants sauvés du boucher par ce dernier. De nos jours, cette brioche est souvent accommodée de raisins secs ou de pépites de chocolat noir ou blanc.

En Alsace, dès le XVème siècle, les Mannalas sont liés à la célébration du jour de la Saint-Nicolas. Ils font partie des pains dits de Saint-Nicolas. Les plus connus sont les Mannalas mais il existe aussi lesSchnackalas (petits escargots). Ils étaient jadis en forme de cheval, de porc, de poule, de lapin ou de démon, qui avaient alors un pouvoir d’exorcisme. En attendant le Solstice, il fallait à tout prix chasser les menaces de l’hiver et conjurer le sort.

Jusque vers les années 1960, la Saint-Nicolas était pour les enfants, une fête bien plus importante que la fête de Noël. De nos jours, dans certaines familles, la tradition des petits cadeaux se fait encore à la Saint-Nicolas et non à Noël, voire parfois aux deux fêtes.

Dans la plus part des villes et villages, même dans les communes les plus modestes, la Saint Nicolas est souvent l’occasion d’organiser quelques festivités pour les enfants du village ; mais aussi pour les anciens. Les enfants chantant des chansons pour les ainés, le Saint-Nicolas servant alors de trait d’union entre les deux générations !

De nombreuses villes alsaciennes organisent des « marchés de la Saint-Nicolas » au début du mois de décembre. Le célèbre marché de Noël de STRASBOURG fut longtemps appelé ainsi.

 

Le grand saint et son acolyte le HANS TRAPP visitent également les écoles le 6 décembre. Là, ils écoutent le chant des élèves et leur posent quelques questions quant à leur assiduité… Le HANS TRAPP menace les cancres de les emmener dans son sac s’ils ne promettent pas d’être plus sages l’année prochaine. Mais à la fin, quelles que soient les réponses, Le Saint Nicolas distribue toujours des friandises aux écoliers !

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Le Carnaval

27 mars 2011

Carnaval est la période de festivités (dans les pays  anglophones, germanophones et hispanophones ) ayant lieu durant la saison qui précède le carême et qui débute à l’épiphanie (le 06 janvier).

Le mot vient du latin médiéval carnelevare (signifiant enlever ou retirer la viande) car les catholiques ne mangent en effet pas de viande pendant les 40 jours du carême. Le carême  rappelle le récit biblique des quarantes jours que passa Jésus dans le désert, période durant laquelle les chrétiens s’astreignent à une discipline religieuse et font un retour vers dieu.

Les manifestations les plus importantes du carnaval se déroulent pendant  les trois jours gras ( les trois jours précédents le mercredi des cendres) , le mardi gras étant le dernier jour du carnaval.

Le carnaval n’est pas à l’origine une fête associée à la religion mais plutôt une tradition liée aux cycles saisonniers et agricoles. Cependant, dans sa volonté de s’imposer comme seule religion, l’église catholique a lutté dans un premier temps contre les pratiques dites païennes ou idolâtres et les a progressivement récupérées et intégrées aux pratiques et croyances catholiques. Heureusement, certains carnavals ont conservé un caractère païen : tout simplement fêter la fin de l’hiver, célébrer le retour du printemps, de la fécondité, et le réveil de la nature. C’est une période où l’on fête des jours meilleurs en brûlant Carnaval, représenté par un mannequin fait de paille ou de chiffons, qui symbolise l’hiver que l’on chasse.

Les travestissements en tous genres et les masques prennent les caractéristiques des êtres surnaturels et les esprits des éléments de la nature, il s’agit pour chacun de paraître autre qu’il n’est, faisant écho aux fêtes médiévales comme les fêtes des fous où les maîtres et leurs serviteurs échangeaient leurs rôles respectifs. Le déguisement permet une certaine légèreté et se compose de couleurs vives (la sobriété n’est pas à l’ordre du jour) ; on se lâche à tous les niveaux au son d’une musique qui se doit d’être bruyante et entraînante. Les carnavals les plus connus sont ceux de Venise, Rio, Bâle, la Bavière, l’Espagne etc…

Les gâteaux et pâtisseries du carnaval et de mardi gras sont sensiblement les mêmes que pour la chandeleur : crêpes, beignets, gaufres, bretzels etc…

Il faut savoir que ce sont toutes des pâtisseries faites à peu de frais car ne nécessitant que des ingrédients de bases (œufs, farine, eau, lait) accessibles à toutes les classes sociales.

Selon les légendes, les crêpes seraient un souvenir des galettes que le Pape Gélase 1er offrait aux pèlerins venant en pèlerinage à Rome au Ve siècle. Chez les païens, la crêpe symbolise tout simplement l’astre solaire que l’on fête notamment à Imbolc ( 1erfévrier)  et connu sous le nom de chandeleur pour les chrétiens.

Le beignet remonte aux fêtes des calendes romaines qui portent des noms différents suivant la composition où la région  (bugnes, pets de nonnes, oreillettes, roubigneaux, ganses, nouets etc…)  Il n’a pas d’histoire précise :  fait de petit  tas de pâtes et très nourrissant, il doit être né dans les campagnes.

Les gaufres datent du moyen âge. A l’époque, une confrérie fut créé par St louis : celle des oublayeurs qui fabriquaient un biscuit cuit entre deux fers et dérivé des hosties. Fines, roulées en forme de cornet ou de bâton, et décorées d’inscriptions et d’images pieuses, les oublayeurs les vendaient dans les rues et sur le parvis des églises. Le moule à gaufre d’aujourd’hui est dû à un forgeron dont les plaques  ressemblaient à des rayons de miel. On donna aux gâteaux cuits ainsi le nom de gaufres qui vient de rayon de miel (gafrum).

Le bretzel serait né au pays de Hanau. Une vieille légende du XVe siècle raconte qu’un boulanger d’Ingwiller fut emprisonné pour avoir calomnié la concubine du comte Jacques le Barbu. Un défi est lancé au boulanger pour retrouver sa liberté : fabriquer un gâteau au travers duquel il sera  possible de voir trois fois le soleil . Il eut beau se gratter la tête, aucune idée n’en sortit. C’est un jeune qui vola à son secours en tordant un barreau de sa geôle, imprimant la forme caractéristique du bretzel. C’est ainsi que le boulanger fut libéré et lança la mode  du bretzel !

 

 

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Ostara

16 mars 2011

 

OSTARA (appelé aussi Oestara, jour d’Eostre) est une fête païenne solaire célébrée à l’équinoxe du printemps (21 mars), période au cours de laquelle la durée du jour est égale à celle de la nuit.

On perçoit l’influence nordique de cette date avec le nom qu’on lui donne : OSTARA provient en effet d’Eostre, déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du Printemps.

Cette fête célèbre donc le réveil de toutes les énergies sur la terre, la fertilité, le premier jour du Printemps : il ne peut y avoir de fête d’Ostara sans une place d’honneur réservée aux plantes !

Après la torpeur de l’Hiver , c’est l’époque des recommencements, le temps d’agir, de semer, de s’occuper des jardins. Il est conseillé de faire ce jour-là une promenade en pleine nature en célébrant la venue des beaux jours et des plantes éclatantes de vie.

On célèbre également la renaissance du dieu soleil et de son pouvoir créateur sur la nature.

 

Les coutumes païennes veulent que l’on allume des feux à l’aube pour symboliser le renouveau de la vie et la protection des récoltes. Les païens actuels célèbrent ce sabbat mineur en faisant sonner les cloches, en plantant les semences, en faisant le grand nettoyage de Printemps, physique et spirituel, afin de se débarrasser des énergies négatives mais aussi en parant la maison de plantes et de fleurs  reflétant nos émotions et nos pensées. Il est également d’usage de prononcer  des incantations de bannissement et de purification si nécessaire.

Par ailleurs, la nourriture est un très bon moyen de faire honneur à cette fête. Préparer des repas adaptés aux saisons est un symbole fort pour s’harmoniser avec la nature : toutes les pousses et les plantes sont considérées comme sacrées et donc une base excellente pour agrémenter les repas (soja, tournesol, sésame, courges, salades etc.)

L’œuf tient la place d’honneur sous toutes ses déclinaisons (omelettes, œufs durs, flans, tartes ou encore peint pour la décoration des tables) car il détient en lui la genèse du monde, il est une réalité primordiale qui contient en germe la différenciation des êtres, il est souvent la représentation de la puissance  de la lumière, symbole de la rénovation périodique de la nature.  Jadis les œufs étaient ramassés dans les nids puis utilisés comme talismans avant d’être mangés pendant les rituels.

L’animal représentatif  d’Ostara est le lièvre que nous mangeons souvent sous forme de chocolat (d’où le lièvre de Pâques chez les chrétiens), il est le symbole de la fertilité et le fait que la terre renait après la froideur de l’hiver. Les gâteaux à base de miel sont également à l’honneur ainsi que les boissons telles que, tisanes , lait , hydromel…

« Elles murmurent, les sources qui coulent vers la vallée, toutes habillées de goutellettes d’argent.

C’est de là qu’Ostara sortait de la terre paysanne, la déesse prête à dispenser ses bienfaits.

Tout la haut s’envolent les alouettes, chantant de leurs trilles un salut de joie au Printemps.

C’est là que s’ouvraient les bourgeons fleuris sous les pieds d’Ostara.

Puis elle levait dans les airs sa clé d’or, appelant par son geste toutes choses à germer,

Et dispensant, de son chaudron brillant, des fleurs à profusion, d’une main solennelle.

Sa chevelure dorée restait comme suspendue au milieu des bourgeons épanouis en foule.

Je voulais les saisir, tenter de m’en emparer.

Mais je ne pris dans ma main que les rayons du soleil qui se jouait de moi. »

Lotte HUWE


 

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Samain

16 novembre 2010

La fête celtique de Samain, rebaptisée Toussaint par le pape Grégoire IV en 837, existait voici plus de 2500 ans et se déroulait tous les 31 octobre. Adoptée par les Gaulois, elle marquait pour les peuples celtes la fin de l’été, le début d’une nouvelle année, et constituait un moment privilégié de rencontre entre vivants et morts.

La tentative de supplantation de la Toussaint par Halloween en France s’est essoufflée au fil des ans. Si cette fête nous est arrivée des Etats Unis, son origine est belle et bien celtique : Halloween tire son origine d’une expression anglaise : «All Hallow’s Eve» qui signifie la veille de la fête de tous les saints. En 1840, avec l’émigration des Irlandais aux États-Unis, la tradition traversa l’océan. Chez les Celtes le 31 octobre était la veille du nouvel an, le Samain, qui annonce aussi la fin des récoltes et de la saison du soleil. Ce jour là, la légende veut que les fantômes des morts se mêlent aux vivants. Une des croyances associées à cette fête est de laisser de la nourriture aux portes des villages et de l’offrir aux fantômes afin d’apaiser leurs esprits. Au fil des ans, cette tradition se transforma en une fête pour les enfants. Ceux-ci, déguisés en fantômes, allaient de porte en porte demandant des bonbons.

 Le symbole de la citrouille éclairée d’Halloween provient d’une légende irlandaise  datant du XVIIIème siècle, celle de Jack O’ Lantern. Cette légende raconte que Jack, maréchal ferrant avare et ivrogne, bouscula le diable qui réclama illico son âme. Jack lui demanda alors de se changer en pièce pour se payer un dernier verre. Sitôt le Malin transformé, Jack fourra la pièce dans sa bourse dotée d’un fermoir en forme de croix et fit le diable prisonnier. Des années plus tard,  Jack mourut : il ne put entrer au paradis à cause de sa vie dissolue et ne put pas non plus aller en enfer, car il s’était moqué du diable ! Le diable tint ainsi sa revanche et offrit toutefois une braise au malheureux pour qu’il puisse s’éclairer. Pour la protéger du vent, Jack vida un navet et plaça sa braise à l’intérieur (NDLR : À l’origine, la lanterne de Jack était un navet éclairé de charbon brûlant. Elle est devenue une citrouille dans laquelle on a mis une chandelle.) Il n’a d’autre choix que celui de se promener avec sa lanterne tout autour du monde, jusqu’au jour du jugement dernier.

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L’origine des symboles de Noël

16 novembre 2010

Noël (fête de Jul), est un mot qui résonne haut et fort en Alsace et en Allemagne et inspire instantanément un sentiment de joie en rappelant à chacun son enfance, d’agréables souvenirs, une ambiance joyeuse dans le foyer, des senteurs, le feu qui crépite dans la cheminée, les odeurs alléchantes des mets confectionnés avec ferveur en cuisine et la maison qui se pare de son sapin et de ses lumières.

Les parents et la famille préparent dans le plus grand secret les cadeaux, que les enfants excités et le visage joyeux attendent avec impatience, et qu’ils découvriront, après les chants, les contes et les agapes nocturnes, au petit matin blanc dans leurs petits souliers.

Mais avant tout, Noël est la fête du foyer. L’influence de cette période de l’année est évidente : quand il fait froid, les hommes se rassemblent et se resserrent autour du feu et c’est le moment propice où les familles, les clans, font retour sur eux-mêmes. La nature reprend son souffle, tous les processus naturels de vie fonctionnent au ralenti, toute chose s’arrête et semble se recueillir. Pour aider le soleil à revenir, à triompher de l’hiver (sol invictus), les hommes allument des feux et décorent leurs foyers d’arbres et de feuillages toujours verts (couleur de l’espérance) à l’image de ce qui ne meurt jamais.

Oublions donc le petit Jésus et sa crèche : Noël est une fête païenne par excellence ! D’ailleurs, les historiens s’accordent à reconnaître que, bien avant l’époque romaine, on fêtait en Europe, à la fin du mois de décembre, la renaissance tant attendue de la nature et l’espérance de vie nouvelle lors du solstice d’hiver. La fête de Noël n’est apparue chez les chrétiens qu’à partir du IIème siècle  :  la date du 25 décembre fut fixée vers l’année 300 par Rome afin de christianiser les rites issus de la culture populaire. Ainsi, était-il plus facile de convertir la population au christianisme en se fondant sur les traditions profanes.

Même le sapin, la bûche, les décorations, la gastronomie, la couronne … sont les vestiges de rites et de traditions héritées des celtes, des gaulois ou des peuples du Nord : l’hommage des Hommes au soleil enfoui dans les plus profondes nuits d’hiver qui s’apprête à renaître et dont sa lumière apportera la vie, la promesse de la continuité, du renouveau.

 Certains étymologistes affirment que l’origine du mot « Noël »  mot pourrait venir du latin natalis dies, qui signifie « jour de naissance », d’autres prétendent que son origine est gauloise ; le terme « Noël » aurait pour étymologie deux mots gaulois noio (nouveau) et hel (soleil).

Nous vous invitons à entrer dans cette  thématique enchantée des traditions du solstice d’hiver afin de ne pas oublier que Noël, ce n’est pas que mettre les pieds sous la table.

L’avent

Le mot « avent », attesté dès le XIIème siècle, signifie « arrivée » et est employé chez les chrétiens pour désigner la nativité du Christ parmi les hommes. Mais, en raison de sa résonance catho, nous lui préférerons le terme « d’avant Noël ». Bien entendu, l’église catholique a repris à son compte toute cette période en y fixant la naissance de Jésus et toute la ménagerie qui va avec afin d’écarter, avec hostilité, les vrais festivités indo-européennes.

L’avant Noël correspond aux quatre semaines incluant les quatre dimanches précédant la veille de Noël. Déjà aux époques païennes, des réjouissances étaient organisées : elles manifestaient la volonté des hommes de conjurer la peur de rentrer le soir dans leur maison plongée dans la nuit et le froid. Sans conteste l’avant Noël symbolise la lumière, la lumière qui chasse l’obscurité mais qui  représente aussi l’espoir et la lutte contre le mal, transformant les tristes journées froides et grises en instants féeriques et pleins d’espoirs dans l’attente du soleil retrouvé.

Dans le folklore européen, l’avent correspond à la fin de l’automne, marquée, début novembre, par la traditionnelle fête des morts (Samain). C’est l’époque où, il y a bien longtemps dans les campagnes allemandes et dans l’est de la France, on déclarait volontiers que le dieu Odin / Wotan, monté sur son cheval Sleipnir, passait dans les airs au soir tombant, entraînant derrière lui la troupe bruyante de la chasse sauvage. Ce thème de la chasse sauvage représente l’une des survivances païennes restée la plus longtemps vivace dans le monde rural.

Dès l’avant Noël, la maison se pare de « la couronne de bienvenue » (origine Anglo-saxonne) que l’on accroche sur la porte pour dire au monde que le soleil est accroché à notre demeure et que nos proches sont les bienvenus chez nous. Elle se doit d’être verte, signe de vie et de persistance, additionnée de paille tressée, de fleurs séchées, de baies rouges etc.

 La couronne de l’avent

Venue des pays scandinaves, la couronne d’avent tend de plus en plus à se répandre.

Quatre semaines avant Noël, on la façonne avec des branches de sapin disposées sur un paillon et piquées de quatre grosses bougies rouges symbolisant les quatre saisons. Les branches sont également entourées de croisillons de rubans rouges. L’’ensemble, suspendu au plafond, symbolise la roue solaire, à défaut la couronne de l’avent peut également être disposée sur la table où se déroulera le repas. Une bougie est allumée quelques instants la première semaine, deux bougies sont allumées la semaine suivante et trois la troisième semaine. Quand arrive le 24 décembre on allume les quatre bougies ensemble. Passé le temps des fêtes, la couronne est brûlée : seul le feu, dit-on, doit détruire le feuillage toujours vert.

 Le calendrier de l’avent

Est né de l’imagination d’un père de famille allemande voulant canaliser l’impatience de ses enfants. Il découpa des images pieuses qu’il leurs remit chaque matin pendant les 24 jours précédant  Noël , bienheureux l’enfant qui y trouve du chocolat ou des petits cadeaux à la place d’images de personnages agenouillés.

 La tour de Jul

Est un chandelier de terre cuite, objet du moyen âge, dont le modèle original a été découvert au siècle dernier dans la province suédoise de Halland. De base carrée, il comporte quatre faces : chacune d’elles est décorée d’un cœur ajouré, surmontant une croix a six branches représentant la rune hagal qui exprime la double notion de cycle et de tonalité, l’indissoluble réunion de la vie et de la mort. Selon la tradition, au début de la soirée du solstice d’hiver ou de Noël, on allume une première bougie, placée au sommet du chandelier. Cette flamme est l’image vivante et dansante de l’année, du cycle qui s’achève. A minuit, on retire cette bougie sans l’éteindre, et l’on s’en sert pour allumer une autre bougie placée en dessous. Cette dernière représente le cycle qui commence, situé au cœur même de celui qui vient de s’achever. Le chandelier est donc riche de symboles : le cycle du temps, l’espoir en une renaissance, il est l’image du soleil qui ne meurt pas, il évoque la grande roue des saisons et avec lui, se fête la vie immuable dans sa perpétuelle transformation.

La bûche de Noël

Un autre élément  important de la décoration du foyer est la bûche de Noël, à condition bien évidemment d’avoir une cheminée ou un poêle à bois ! Transformée  le plus souvent aujourd’hui en pâtisserie, il s’agissait à l’origine d’une véritable bûche, que l’on faisait brûler de façon symbolique et qui se rattache directement à l’ancien culte hivernal du soleil et du feu.

Nommé Holtzklotz en Alsace et en général en bois de chêne (symbole de durée et de fidélité), elle est décorée de feuillages et de rubans, parfois gravée de runes, de souhaits, de devises, et se consume le soir du 24 décembre non sans avoir été arrosée d’eau de vie ou de vin.

Un peu partout, les tisons de la bûche sont réputés porter bonheur : on les conserve au foyer d’une année à l’autre, parfois pour allumer la bûche de l’année suivante.

  L’arbre de Noël

Entre 2000 et 1200 avant JC, on parlait déjà d’un arbre (l’épicéa, arbre de l’enfantement)  le jour du 24 décembre, puisqu’on considérait ce jour comme la renaissance du soleil. Les celtes avaient adopté un calendrier basé sur les cycles lunaires : à chaque mois était associé un arbre, l’épicéa fut celui de décembre. Pour le rite païen du solstice d’hiver, un arbre symbole de vie était décoré avec des fruits, des fleurs et du blé. C’est en 1521 en Alsace, exactement à Sélestat, que l’arbre de Noël est mentionné pour la première fois par un édit municipal autorisant les gardes forestiers à laisser couper de petits sapins en vue de la fête de Noël.

Son symbolisme est clair, il représente tout ce qui ne meurt pas, ses feuilles (épines) ne tombent jamais, il est insensible à la froidure de l’hiver, il reste toujours vert au fil des mois, portant témoignage de par sa présence, d’une vie qui se poursuit en secret et qui, dans les beaux jours, à nouveau s’épanouira.

Jusque dans les années 50, c’est l’Allemagne et les pays d’Europe de l’Est qui restent le cœur de production des ornements d’art : les décorations étaient faites par des artisans qui travaillaient le verre soufflé, le métal, la cire, le bois et aussi le coton.

Traditionnellement, on accrochait des pommes au sapin (symbole païen de la jouvence et de l’immortalité) mais en 1858, l’hiver fut si rigoureux qu’il n’y eut plus de pommes. Un artisan verrier eut l’idée,  pour donner un peu de joie à la fête, de créer des boules représentant des pommes et d’autres fruits et c’est ainsi qu’est née la boule de Noël. Dans la grande tradition, point de guirlandes lumineuses, on le charge de 12  bougies pour représenter les 12 mois de l’année, d’objets en bois, de chocolats, d’oranges, de roues solaires, de signes runiques, de pommes de pins et de figurines de pailles.

L’arbre de Noël serait ainsi la figuration de l’arbre du monde (le frêne Yggdrasil) des anciens germains, symbole de régénération perpétuelle, symbole de l’éternité de la vie et de la continuité des lignées.

 La gastronomie

Toute fête s’accompagne d’un festin, et Noël est précisément une fête où l’on consomme de la nourriture en abondance à une époque où semblent régner le froid, la glace et la désolation. On a du mal à imaginer aujourd’hui que jadis, dans beaucoup de fermes, on servait le plat traditionnel de solstice qui était la bouillie de millet dont une part était réservé aux défunts de la famille. Depuis, nous vivons dans le matérialisme et le doux confort et nous mangeons donc à profusion oie, dinde, chapon,  huîtres, foie gras (désolé Brigitte), porc, poissons, pâtisseries, etc. Il y a en effet une multitude de traditions culinaires pour chaque région, chaque pays… de quoi combler et rassasier les estomacs les plus difficiles !

Les anciennes croyances affirment que le cochon est par excellence l’animal que l’on doit consommer lors des fêtes de Noël, et qu’il est, en outre, symbole de fécondité et de bonheur.

Jusqu’à une date récente, la viande de porc constituait un peu partout en Europe le plat de résistance du 24 décembre, les raisons étaient d’ordre utilitaire et énergétique, rien ne se perd : dans le cochon et tout est bon…

Nous noterons également que beaucoup de petits gâteaux de Noël par leurs formes (bretzels, cœurs entrelacés, roue solaire etc) sont des emblèmes, le reflet d’antiques croyances que l’on retrouve fréquemment dans l’art populaire et qui obéissent à des habitudes immémoriales, recettes transmises de génération en génération pour notre plus grand bonheur.

Les repas de Noël sont traditionnellement très arrosés, liqueurs fortes, champagnes, et grands crus sont les bienvenus. Nous trouvons également les bières de Noël, brassées spécialement à l’occasion des fêtes de Jul ou encore les vins chauds et sucrés que l’on retrouve sur les marchés de Noël alsaciens. 

Saint Nicolas et le Père Noël

En Europe, une tradition païenne voulait que pour exorciser la peur de l’obscurité, les jeunes hommes se grimaient et allaient de maisons en maisons pour quémander des offrandes (tiens tiens… l’ancêtre d’halloween ?)

Au Moyen Age, l’église a décidé de remplacer les figures païennes par des saints et l’histoire dit que Saint Nicolas est inspiré de Nicolas de Myre dénommé Nicolas de Bari. Il est né à Patara en Asie Mineure entre 250 et 270 après JC et vécu au IVème siècle au sud de la Turquie. Il est mort un 6 décembre. Sa vie et ses actes étaient entourés de légendes qui reflétaient sa personnalité généreuse et il est l’un des saints les plus représentés dans l’iconographie  religieuse (tableaux, vitraux etc.…)

Au XIème siècle, sa dépouille sera dérobée par des marchands italiens et ramenée à Bari où la relique produirait, dit-on, des miracles. Selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants trucidés par un boucher et serait devenu ainsi le saint  protecteur des tout petits.

De ce fait, le 6 décembre, principalement dans les pays d’Europe du Nord et de L’Est, la coutume veut qu’un personnage habillé d’une mitre et d’une cape et portant une grande barbe va, de maison en maison, avec son âne et sa crosse, pour offrir des cadeaux aux enfants sages.

C’est à partir du XVIème siècle que le personnage du père fouettard  apparaîtra pour punir les enfants désobéissants et disparaîtra lors du passage au mythe de Santa Claus.

Saint Nicolas a été importé aux Etats unis au XVIIème siècle par des immigrés hollandais qui fondèrent la Nouvelle Amsterdam (qui deviendra New York quand elle sera prise par les anglais.) Après la guerre d’Indépendance, les habitants se souviendront de leurs racines et Santa Claus reviendra par la littérature et les illustrations : il s’agit d’un vieillard portant une barbe blanche et un manteau à capuchon et qui récompense les enfants sages et punit les dissipés.

En 1822, un pasteur américain publie un poème intitulé  « A Visit from Saint Nicolas » dans lequel il présente Saint Nicolas comme un lutin sympathique, dodu et souriant qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes. C’est ce poème qui va jouer un rôle déterminant dans l’élaboration du mythe car il fut repris l’année suivante par plusieurs quotidiens et traduit en plusieurs langues dans le monde entier.

C’est vers 1850 que le passage de la célébration de St Nicolas à celle de Noël se fixe au royaume uni, en lien avec Charles Dickens et ses livres de Noël (nouveau film pour Noël 2009), et c’est à partir de 1860 que Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal  new yorkais Harper’s Illstrated Weekly va, par centaines de dessins, donner l’apparence du Père Noël que l’on connaît aujourd’hui (costume rouge, garni de fourrure blanche, ceinturon) et fixer sa résidence en 1885 au Pôle Nord.

L’idée selon laquelle Coca Cola aurait dessiné le père Noël en 1931 est une légende urbaine. De nombreuses firmes comme Michelin avaient en effet déjà utilisé son image mais il est toutefois indéniable que Coca Cola  a largement contribué à la popularisation de son image et surtout incité les consommateurs à boire ce breuvage même en plein hiver…  

Le gui

En dehors de l’arbre de Noël, d’autres espèces végétales sont à l’honneur en fin d’année, tel le gui. La coutume veut que l’on suspende chez soi, pour le jour de l’an, une boule de gui sous laquelle on échange les voeux, habitude traditionnelle considérée comme une façon de souhaiter du bonheur toute l’année.

Le gui, spécialement celui qui pousse sur le chêne (donc rare), jouait un rôle important aux temps des celtes. Les druides le nommaient « celui qui guérit  tout » et lui attribuaient des vertus thérapeutiques, notamment comme contrepoison. Le gui assurait également la fertilité des femmes et protégeait les hommes contre la sorcellerie. Les druides croyaient que cette plante était semée sur le chêne par une main divine et voyaient dans l’union entre l’arbre sacré et ces rameaux toujours verts un symbole d’immortalité.

L’expression «  au gui l’an neuf » est une déformation phonétique d’un terme celtique attesté, par lequel les druides qui allaient couper le gui s’exclamaient « o ghel an heu», expression qui signifie littéralement « que le blé germe ».

Par ailleurs, lorsque des ennemis se rencontraient sous une branche de gui, ils devaient déposer les armes et observer une trêve jusqu’au lendemain et c’est de là que viendrait la coutume de suspendre le gui et d’y échanger un baiser en signe d’amitié et de bienveillance (cette histoire ne nous semble toutefois pas très convaincante.)

Le gui a un concurrent redoutable qu’on associe de plus en plus à Noël : le houx, aimable arbrisseau dont les feuilles, d’un vert sombre, sont lisses et vernissées et les baies sont d’un rouge vif ce qui fait un très joli contraste avec le pâle feuillage et les baies laiteuses du gui. C’est certainement cette opposition qui a déterminé sa vogue et en a fait un élément important de décoration dans les chaumières, il n’a pas de vertu particulière, hormis d’être distillé en liqueur en Alsace ! 

Nous voilà arrivés au terme de cette thématique brièvement résumée car il y a tellement de légendes, de coutumes, de versions données pour chaque région, chaque pays, que cela pourrait faire l’objet d’un livre bien épais. Pour ceux que ça intéresse, nous vous conseillons de lire «  Fêter Noël » et «Les Traditions d’Europe »  d’Alain de Benoist,  « Les Solstices » de Pierre Vial où nous avons puisé nos sources et , pour les touts petits, les contes de Charles Dickens, Andersen et Grimm.