Archive for the ‘Nos activités passées’ Category

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Le Grand Ballon

27 mai 2014

Amis Wandervogel bonjour,

Force est d’admettre que la randonnée passée fut vraiment particulière... Sont-ce les auspices cléments de la météo ? L’envie de fuir le restaurant avec maman le jour de sa fête ? Ou encore vos réflexions sur les propos de Bernard OLLIVIER (la marche ramène le regard à une juste dimension, apprend à gouverner le temps. Le marcheur est un roi. Un roi qui souffre d’être à contre-courant, mais qui a choisi, pour aller mieux, les grands espaces plutôt que le divan des rebouteux) ?

Seuls les Dieux le savent, toujours est-il que notre équipe, constituée de deux valeureux éléments de pointe partis en reconnaissance, s’est rapidement retrouvée dépassée par l’entendement. Passé la centaine, nous avons été contraints d’arrêter de compter les participants et de tâcher de poursuivre la marche tant bien que mal, tant les volontés étaient fortes !

Balade monde

Le monument BRUN a été passé rapidement, rares sont ceux qui sont allés lire la plaque relatant que ce monument fut édifié en souvenir d’un fait historique se déroulant en 1914. Gaston BRUN, né en 1890 à Herrlisheim, jeune ingénieur français s’était porté volontaire pour aller espionner les lignes arrières allemandes dans le haut du Florival. En revenant sur les positions françaises pour faire un rapport il fut tué par erreur par une sentinelle française le 5 octobre 1914 !

La montée par le sentier des cascades du Seebach fut très revitalisante.

Grand Ballon 0005

Malgré la dangerosité et l’escarpement du chemin, une file ininterrompue de volontaire avançait en lacet vers le lacdu Ballon.Balade monde 3

A notre arrivée au lac, nous pensions faire une pause bien méritée et rappeler aux nôtres la légende du chariot d’or d’Attila englouti au fond du lac, mais nous n’en eûmes pas eu le temps! Devant nos yeux encore éberlués, nous assistâmes à un curieux phénomène : une centaine de jeunes athlètes, au corps d’Apollon et tatoués à foison a commencé à se déshabiller. Ils ont mis leurs affaires dans leur sac, leurs sacs dans des sacs poubelles et les voilà partis à la nage à travers le lac !

Nage lac

Devant un tel déferlement de volonté et de courage, le chariot d’or d’Attila n’avait qu’à bien se tenir…

Finalement, seuls les deux éléments de pointe du début, courageux mais pas téméraires ont fait le tour du lac à pied et ont commencé l’ascension en zigzag vers le col du HAAG. Ces derniers pensaient y arriver tranquillement avant les autres et s’attabler en terrasse autour d’une boisson. C’était mal connaître l’équipe qui non seulement les talonna, mais surtout les rattrapa et les contraignit à ne pas s’arrêter avant l’arrivée au sommet du Grand Ballon.

Balade monde 2

Ce jour-là, du haut de ses 1.424 m la vue n’était pas merveilleuse, mais vallait tout de même la peine d’y monter.

Grand Ballon 0010

Après avoir soufflé quelques minutes, nous repartîmes en direction de la ferme du ballon. C’est à quelques centaines de mètres de cette ferme, au milieu des chaumes, que nous avons fait une pause repas plus que méritée.

Nous passâmes ensuite devant la ferme du Ballon, puis celle du Roedelen qui par son éloignement et sa solitude fait tout le temps craindre le pire aux randonneurs…  Puis nous arrivâmes au Gustiberg. Fort heureusement les tenanciers n’avaient plus de dessert à offrir à notre Korps Franc, sans quoi il eut été fort difficile de continuer !

 

A voir un tel débordement d’énergie, un tel acharnement à gravir les sentiers sans halte et surtout le nombre fabuleux des Volontaires, nous ne pouvons plus nous permettre d’organiser de marches telles que nous le faisions jusqu’à présent.

Aussi, pour des raisons évidentes de sécurité, Terre et Peuple Alsace se retire de toute organisation de randonnées.

Les prochaines se feront uniquement dans un cadre personnel, sur invitation, et après consultation de chacun.

Merci pour votre compréhension,

les organisateurs.

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Le Silbertall

5 mars 2014

Amis Wandervogel bonjour,

C’est à l’issue d’un hiver quasi inexistant, lors d’un printemps précoce et au premier jour de la nouvelle heure que nous avons fait notre première randonnée officielle de l’année.

Les Dieux étaient avec nous et nous avons pu profiter d’une fantastique journée. Le nombre élevé de participants nous a réjoui (merci à tous). Chacun aura pu remarquer que l’adage disait vrai : la marche permet de faire un minimum d’efforts très complets (c.f. dernière montée avant le monument TURENNE…) tout en permettant de nous retrouver et de discuter.

Début de la randonnée à l’heure, en nombre et de bonne humeur. Nous sommes partis de STEINBACH et avons suivi le sentier minier. Nous avons remonté le Silberthal en longeant l’Erzenbach (ruisseau des minerais). Ce cours d’eau serpentait jadis à travers les mines avant de rejoindre le village, et permettait d’exploiter et de traiter les minerais. Les cascades de l’Erzenbach devaient être la plus belle partie de cette randonnée, mais hélas le manque d’eau les rendait quelque peu ridicules.

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Comme le temps nous le permettait, nous sommes montés jusqu’au monument du camp de TURENNE, et avons même poussé le vice jusqu’au rocher d’Ostein.

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Ensuite, suivant la crête, nous nous sommes rendus jusqu’au rocher du chêne de Wotan d’où la vue sur la vallée de THANN et la plaine d’Alsace est superbe. Au pied de ce rocher, se trouve le grand abri du Rehbrunnel où nous avons déjeuné à midi.

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Après un repas en franche camaraderie, nous avons commencé notre descente vers STEINBACH et sommes passés par le rocher de l’Hirnelestein, superbe mégalithe qui s’élève à 35 mètres de haut. De son sommet, accessible par un escalier de fer sécurisé, la vue est splendide sur la plaine d’Alsace, la Forêt Noire, les monts du Jura, et par grand beau temps, sur les Alpes Bernoises.

Avant la première guerre, la famille Muller y possédait un café très fréquenté par les gens du village et des environs. On pouvait y déguster un vin de raisin rouge, le fameux « Steibacher Rota ». Ce café, construit en planches, fut détruit pendant les tourments de la Grande Guerre.

Maintenant ce site est équipé par la FFME et offre un terrain de découverte à la pratique de l’escalade sur une vingtaine de voies.

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Puis ce fut un rapide retour au parking où d’autres camarades nous ont rejoints pour la visite de la mine Saint-Nicolas. La visite commença par au local de l’association KALITROC que nous remercions vivement pour son accueil, sa disponibilité et tous les renseignements qu’elle nous a fourni. Après une présentation historique du site ainsi que des minéraux qui y ont été découverts, nous pûmes aller dans les mines où la température est en permanence autour de 8°C avec un taux d’humidité très élevé.

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Fort heureusement, une agréable guinguette nous attendait à l’issue de la visite et nous pûmes encore prendre une dernière tournée entre camarades !

– Si cette journée vous a plu, ou si elle vous a donné envie, enfants, jeunes ou plus anciens, n’hésitez pas à nous rejoindre le 27 avril prochain. –

Historique des mines :

STEINBACH était un petit district minier dont les premières traces remontent au XVème siècle. Des mineurs venus d’Europe Centrale y exploitaient du plomb, de l’argent, du fer et du cuivre. Du milieu du XVIème siècle et jusqu’à la guerre de Trente Ans (1618-1648), l’activité fut intense dans toutes les mines vosgiennes.

A cette époque les mines de STEINBACH passèrent sous le contrôle de l’administration des mines de GIROMAGNY. De 1612 à 1633 la mine Saint-Nicolas est citée comme la plus productive de STEINBACH. Elle livrait un minerai en plomb et en argent de très bonne qualité qui était enrichi sur place puis transporté par chars à bœufs jusqu’à GIROMAGNY, où le plomb servait à la séparation de l’argent.

Pour permettre l’exploitation en profondeur des filons, on installa des pompes. A l’extérieur, une grande roue à eau (diamètre entre 8 et 9 mètres) était mue par l’eau d’un étang situé en amont. Puis, un jeu de perches en sapin, faisait office de bielles. Ce mécanisme était reproduit différentes fois et permettait, par un effet de cascades, de pomper l’eau jusqu’à une profondeur de cent mètres.

Durant cette période, 10 mineurs étaient occupés à la mine Saint-Nicolas. Au début du XVIIIème siècle les mines furent arrêtées. Après la guerre de 1870-1871, l’Alsace fut annexée par la Prusse et, à partir de 1874, on nota une reprise des travaux dans le secteur de STEINBACH. La société prussienne « Brigitta » entrepris des travaux importants pour accroître la production. Un puits fut foncé, jusqu’à 35 mètres, puis on installa une chaudière à vapeur, un chevalement et une machine d’extraction ; par la suite on continua le fonçage du puits jusqu’à 65 mètres. A ce niveau on commença le percement de travers-bancs pour atteindre les différents filons.

L’exploitation continua jusqu’à la fin de l’année 1902, puis la société « Brigitta » annonça la fin de l’exploitation. C’est le début de la fin des mines de STEINBACH et vers 1904 les derniers mineurs continuèrent leurs carrières aux Mines de Potasse d’Alsace dont l’aventure venait de commencer à quelques kilomètres de là…

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A la découverte du feu

17 septembre 2013

Amis Vandervogel bonjour,

Avant tout chose nous tenons à remercier le camarade qui s’est généreusement proposé de nous donner quelques conseils quant à la vie en plein air. Il s’agissait dimanche de la première sortie de ce genre et c’est avec plaisir que nous nous reverrons en janvier prochain pour mettre à profit ces astuces mais dans un environnement plus hivernal….

 Voici maintenant un petit condensé de ce que nous avons appris pour passer une nuit de façon sereine en forêt au printemps, en été ou encore en automne.

Avant toute chose, il nous faut choisir l’endroit idéal pour installer son bivouac. Cela peut se préparer sur une carte IGN à l’avance. Pour se faire, il faut opter pour un endroit où les lignes de courbes sont assez distantes les unes des autres, cela signifie que le terrain est plat. Ensuite, il faut privilégier un bivouac assez loin des points de passages, donc au milieu entre deux chemins par exemple. Il faut également éviter de s’installer trop près d’un sommet. Même si la vue est belle, c’est un endroit souvent venteux. Autre points à privilégier :

  • Placer son bivouac dans une forêt ou non loin d’une forêt afin de récupérer du bois pour le feu et/ou l’abri.
  • Placer son bivouac non loin d’un point d’eau. Cela permet de se laver mais évite également de porter, stocker ou chercher de l’eau trop loin.

L’abri :

Dans le domaine du bushcraft, on le qualifie parfois l’abri de « tarp » ou tarpaulin, du nom de la bâche polyéthylène laminé utilisée pour le monter. Cette toile résistante et imperméable est utilisée pour dresser un abri temporaire ou semi-temporaire, notamment pour dormir. Contrairement à une tente, un tarp n’est pas une protection fermée englobante. Sur le plan de la terminologie, un tarp fait référence à l’abri tout entier (toile, montants et fixations) et on dit « dormir sous tarp ».

L’idéal est de préparer son abri deux heures avant la tombée de la nuit, voir même trois heures en hiver. Prioritairement, il faudrait opter pour l’abri plutôt que pour le feu. Aussi, le fait d’être à plusieurs binômes permettrait de diviser les tâches à réaliser pour passer une nuit optimum.

 L’abri se fera à l’aide d’une bâche tendue (3m x 3m pour 53.90 €) entre deux arbres ou plus. Il est important d’opter pour une bâche de qualité. La plupart des produits référencés ici sont disponibles sur les sites d’ASMC, USMC, et de la Coutellerie Tourangelle. A chaque fois, un lien hypertexte vous mènera au bon produit. Ceci dit, si vous préférez la proximité, vous pouvez optez pour Décathlon ou des magasins de surplus militaire.

 Une fois la bâche sortie du sac, il va falloir l’accrocher à un arbre. Pour cela il est bon d’avoir de la corde. Différents morceaux de corde sont les bienvenus. Un agencement d’un morceau de 10m et de 20 m de cordelette ainsi que 10m de paracorde sont à privilégier. La paracorde (30m pour 9.80 €) à l’avantage d’être composée de 7 brins que l’on peut séparer et utiliser pour pêcher ou toute autre fonction. Quant à la cordelette normale, elle ne prend pas de place et peut être utilisée pour tout. Pour bien faire, il faut l’enrouler en petit paquet et y rajouter un mousqueton.

 L’installation de l’abri peut se faire de deux façons différentes. Dans les deux cas, il est important de supprimer toutes les petites branches qui dépassent du tronc jusqu’à 2m de haut. Cela évitera de se les prendre dans les yeux la nuit ou lors de manipulations. Puis, à la hauteur de la poitrine, on accrochera la première extrémité de la corde autour de l’arbre, grâce à un nœud sibérien.

Noeud siberien

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Ensuite on pourra passer la corde dans les œillets du milieu de la bâche, ou alors faire une boucle dans l’œillet et la coincer à l’aide d’un bout de bois. Si jamais un œillet est cassé, il est toujours possible d’accrocher la bâche. Pour se faire, on glisse une pierre de taille moyenne dans la bâche, on l’enveloppe tel un balluchon on enroule la corde autour. Il ne reste plus qu’à accrocher la corde à un autre arbre et à la tendre.

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Si l’on compte faire un feu et profiter de la chaleur du feu, il faudra relever un pan de la bâche.

Abri 2 pour feu

Sinon, les deux pans seront fixés au sol, comme une tente, avec des sardines artisanales faites de petits bouts de bois récupérés et taillés en pointes.

Abri 1 en tente

Dans les deux cas, en cas de pluie, il est important de creuser une petite tranchée sous le pan qui descend vers le sol afin d’évacuer l’eau de pluie et qu’elle ne rentre pas sous la tente. Une pelle de tranchée (27.00 €) s’avère nécessaire. Il est préférable de préconiser une pelle en une seule partie à une pelle articulée. C’est un outil important qui une fois affuté peut service de petite hache. Si elle a un manche en bois et que ce dernier casse, il pourra être aisément remplacé dans la nature.

 Une fois l’abri créé, il faudra installer son lieu de couchage. Idéalement avec un tapis de sol (18.50 €), mais ce dernier peut être remplacé par un lit de petites branches de sapins qui isolent très bien du froid et de l’humidité.

Ensuite il faudra sortir votre sac de couchage. Comme pour la bâche, l’investissement dans un sac de couchage de qualité est très important. Aussi, nous, vous conseillons d’investir dans un sac de couchage Carinthia (modèle Defense 4 à 169.00 €) avec un doublage synthétique, plus léger et qui sèche plus vite que le duvet. En été, une simple couverture en laine permettra de se protéger suffisamment.

Un sur sac de couchage en Gore Tex (64.00 €), comme ceux de la marque française Millet est également important pour éviter l’humidité et les courants d’air.

Les sacs à dos seront disposés autour des zones de couchage pour servir de « parois » afin de lutter contre les courants-d’air.

En cas de pause rapide, lors d’un orage ou par temps froid, on peut se mettre en boule, couverture ou doublure de parka sur le dos et assis sur son sac afin de s’isoler de l’humidité.

Le feu :

Le feu sert à chauffer ses aliments mais aussi à se réchauffer. En hiver, un test rapide permet de voir si l’on souffre ou non du froid. Si l’on n’arrive plus à faire se toucher le pouce et le petit doigt, c’est qu’il est urgent de faire du feu.

Une fois l’abri monté, il faudra consacrer ses efforts à la réalisation d’un feu et à son entretien. Si c’est uniquement pour réchauffer sa popote on peut utiliser un réchaud à gaz (ici à 59.00 € avec la popote) ou à pétrole gélifié (5.95 €). Par contre, si l’on souhaite en plus le côté convivial et réchauffant, il faudra opter pour un véritable feu de camp.

Dans tous les cas, il est bon de toujours prévoir une triple solution d’allumage :

  • Briquet
  • Allumettes, si possible des longues pour permettre un allumage plus sûr. Si ces dernières sont mouillées, on peut les sécher en les passant dans les cheveux. Pour éviter qu’elles prennent l’humidité, il faudrait les stocker avec du papier grattoir dans un tube étanche comme un tube à vitamines par exemple.
  • Fire-steel ou pierre à feu de type Light my fire à 9.90 €.

Pour éviter de chercher les articles dans les différentes poches de son sac, il est recommandé de les ranger par famille d’objet dans des pochettes ou des boites fermées et faire des kits, par exemple pour le feu, avec briquet, allumettes, allume-feu, fire-steel et pétrole gélifié, bois gras, etc…

Concernant le bois, dans un premier temps il vaut mieux récupérer le bois mort tombé des arbres mais n’étant pas à terre. Ce dernier est plus sec et plus à même de lancer un feu. Avant de commencer le feu, il faudra préparer un bon tas de ce bois et de différents diamètres.

Durant la randonnée, il est bien d’anticiper l’allumage du feu et de récolter par exemple de la pellicule d’écorce de bouleau ou de la sève de sapin lorsqu’on en croise.

Naturellement, pour préparer ce bois et ce feu, l’idéal est d’avoir une hachette, une scie et un couteau monobloc type Mora knive par exemple à 14.50 €.

Une fois un bon tas de bois ramassé, on pourra lancer le feu. Il faut le faire environ à 1m de l’abri pour éviter que ce dernier ne soit abimé par les braises. La zone où sera fait le feu devra être nettoyée à l’aide d’une pelle de combat et grattée sur 4 à 5 centimètres de profondeur. Ensuite, il faudra préparer un lit de bois sur lequel faire le feu. Ce lit évitera d’être en contact direct avec la terre, et donc l’humidité.

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Les plus gros morceaux de bois devront être sciés en petites buches qui seront à leur tour fendues en 4 voir en 8. En effet, c’est au centre que se trouve le bois le plus sec, donc le plus à même de lancer un feu. Ensuite, à l’aide d’un couteau monobloc, il faudra tailler de petits copeaux de bois dans le centre de ces buchettes. Un grand nombre de ces copeaux est nécessaire au bon allumage d’un feu. Une fois que les buchettes seront bien entamées, il faudra les poser sur ce tas de copeaux.

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Quand le bucher est prêt, on pourra l’allumer à l’aide d’un briquet ou d’une allumette. L’autre solution consistant à allumer de très fin copeaux de bois gras, de l’écorce de bouleau ou de la sève de sapin à l’aide d’un fire-steel puis d’incorporer cette flamme dans le bucher.

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Tous ces éléments étant relativement secs le feu devrait prendre rapidement. En cas de fort vent ou d’humidité, il est toujours possible de rajouter dans le feu de l’alcool gélifié ou encore des tablettes allume-feu.

Quand le feu aura bien pris, il est également possible d’y incorporer une grosse pierre. Cette dernière va chauffer et servira de bouillotte dans l’abri.

Que ce soit pour transporter la pierre, pour manœuvrer les éléments chauds de cuisine ou encore lors du travail à la scie ou au couteau, une paire de gants de protection est la bienvenue dans le sac.

Le matériel :

Un certain nombre d’articles indispensables a déjà été évoqué plus haut. Avant de se retrouver seul dans la Nature, il faut veiller à acquérir du matériel de qualité puis apprendre à s’en servir. A chaque sortie révisez les fondamentaux : essayez de faire un nœud, monter une bâche, faites du feu, tâchez de reconnaitre des arbres ou des plantes, etc….

Une règle importante est à retenir pour la (sur)vie en forêt ; la règle des 5 C :

Contenir           Avoir un sac pour contenir son matériel, des sacoches, des pochettes, etc…

Combustion    Avoir de quoi faire du feu

Cordage           Avoir toujours de la corde avec soi, idéalement 2x 10m ou encore des bracelets de survie avec 5m de paracorde ficelés dessus

Couper              Avoir différents couteaux ; un fixe et un pliable avec différents outils (pince Leatherman à 39.00 € ou couteau Suisse à 28.50 € par exemple)

Couvrir              Avoir de quoi se couvrir pour la nuit ou une pause, sous forme de couverture ou de sac de couchage

Comme évoqué précédemment, il est important de partitionner son matériel selon son usage et de mettre toutes ses affaires dans des pochettes (28.99 € pour un modèle assez grand) relatives à leur fonction. Ensuite, il faut mettre au fond du sac les affaires les moins urgentes (sac de couchage, sur-sac) et le plus important au-dessus.

Affutage :

Il existe des petits affuteurs très pratiques à moins de 4.00 € et qui permettent d’aiguiser différentes lames sans trop de risques.

Sinon, il est possible de fabriquer son propre affuteur. Pour se faire, il suffit de prendre des planchettes en contreplaqué, matériau léger et facilement usinable. Sur chaque face il suffit de coller de la toile émeri. L’idéal est de faire deux planchettes. Sur chaque face on met un autre grain, allant de 240 à 1.000 en passant par 400 et 600 par exemple. Au moment de découper la planchette il faudrait veiller à respecter une taille permettant de faire trois planchettes avec une feuille.

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L’affuteur étant fabriqué, il suffit de venir plaquer la lame du couteau contre ce dernier et de la tirer. On passera progressivement d’un grain à l’autre. Pour finir, on peut procéder de même sur le revers d’une ceinture en cuir.

Boisson :

Toujours privilégier l’eau à des boissons énergisantes ou sucrées. Ces dernières donneront un coup de fouet pendant un moment, mais en jouant sur notre glycémie, elles nous fatigueront à long terme.

Pour le transport de l’eau, une gourde en plastique (8.99 €) reste le moyen idéal. C’est solide, peu encombrant et non sujet aux champignons. Le mieux étant une gourde militaire avec un quart incorporé dessous. Ce dernier pourra être utilisé pour la cuisson d’aliments sur un feu ou un réchaud.

Les poches à eau type Camel bag permettent certes une hydratation rapide et continue, mais sont plus sensibles au gel et aux champignons. Plus onéreuses, elles ne sont pas vraiment à privilégier.

Afin de pouvoir prendre de l’eau dans la nature sans risque, il est bon également d’investir individuellement dans des cachets purificateur d’eau (22.99 € les 40, disponibles également en pharmacies) et au niveau du groupe dans des filtres (comptez jusqu’à 129.99 € pour un modèle Suisse de la marque Katadyn).

Repas :

A chacun de prendre ce que bon lui semble. En hiver les repas chauds sont à privilégier. Ils seront plus faciles à digérer que du froid et apporteront plus de calories sans en utiliser pour l’assimilation. De nombreux repas lyophilisés existent, mais ils sont généralement assez chers. Aussi, des féculents comme le quinoa sont à privilégier. Sans gluten, riche en Omega 3 et en protéines, il se cuisine facilement. On peut envisager en prendre une pleine gamelle pour un binôme.

Durant l’effort, quelques barres de céréales ou des fruits secs, de noix ou de noisettes sont aussi les bienvenus.

Le sucre est assimilé rapidement par l’organisme et donne un coup de fouet rapide. De plus il contribue au niveau cervical à procurer une rapide sensation de bienêtre. Il est donc bon d’avoir quelques morceaux de sucre ou de chocolat avec soi.

Il est important également de préférer l’hydratation au repas. Rappelez-vous que l’on peut tenir 3 semaines sans manger mais seulement 3 jours sans boire[1] !

Hygiène :

Bien qu’étant en forêt, il est important d’avoir un minimum d’hygiène. Le rasage est à proscrire, essentiellement pour éviter une coupure. Pour se laver rapidement les aisselles et les parties intimes, un petit paquet de lingettes pour bébé est idéal. Un savon de Marseille, une brosse à dents et du dentifrice font également parti du nécessaire vital.

Soins :

De suite après l’hygiène vient le problème des soins. On peut diviser les soins à apporter en forêt en 3 parties : coupure, douleur, prévention.

Coupure :           Compresses stériles, désinfectant en bombe, Bétadine, ciseaux, gants d’opération, bandage, sparadrap en bande, steri-strip, coussin hémostatique, etc…

Douleurs :           Doliprane 1000 ou autre contre les douleurs, Smecta pour le mal de ventre, cachets de charbon végétal contre les maux de ventre, Imodium, etc…

Prévention :        Tire tique, pincette, produit anti moustique, crème solaire, couverture de survie, etc…

Tout ce matériel peut être complété selon ses propres besoins mais sachez qu’il existe des trousses de secours quasi complètes pour moins de 40.00 €, en ligne ou auprès de votre pharmacie.

Habits :

Ils devront naturellement être de saison. Il vaut mieux prévoir plusieurs couches, quitte à en enlever certaines, plutôt qu’un habit trop épais qu’on ne peut enlever sans risquer d’avoir froid.

Dans tous les cas, il faut prévoir des habits amples pour ne pas être trop écrasé et en coton. Ces derniers sont solides et ne risquent pas de prendre feu.

Les habits de rechanges (sous-vêtements, habits spécifiques, etc…) devront être dans un sac étanche à l’intérieur du sac à dos.

Pour finir, nous vous rappelons que tous les principes vus ce week-end sont une base. Elle nécessite d’être travaillée régulièrement, au calme mais aussi en condition afin que tout cela devienne un automatisme. Travaillez cela seul, entre camarade ou en famille. Rendez la chose agréable et non comme une tâche répugnante.

Pour acquérir un nouveau savoir il est important de lire certains ouvrages sur les techniques de survie, mais aussi sur les plantes utiles dans notre région, les arbres, etc… Ces ouvrages doivent être choisis pour leur rigueur et leur petite taille, ainsi il sera possible de les glisser dans une pochette et de les emmener avec vous car c’est sur le terrain que vous en aurez le plus besoin, et non en livre de chevet….

Un magazine trimestriel existe également, il s’agit de Bushcraft attitude. Le premier numéro est disponible gratuitement sur Internet, le second est encore en librairie.

Nous espérons que cette sortie a été enrichissante pour vous. Encore une fois nous en profitons pour remercier le camarade qui s’est gracieusement proposé de nous donner cette formation. Nous nous reverrons en janvier pour une évaluation sur le terrain. D’ici là tâchez d’investir dans le bon matériel, Noël approche…..

 

 [1]         L’adage dit : « On peut mourir en 3 secondes sans attention ; 3minutes sans respirer ; 3 heures de froid ; 3 jours sans boire ; 3 semaines sans manger et 3 mois sans contact social ».

 

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Rencontres montagnardes 2013

10 juillet 2013

Amis Wandervogel bonjour,

C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons organisé un week-end dans les Vosges début août. Il s’agissait d’une demande de la part de la bannières de T&P  Lotharingie à laquelle nous avons répondu avec plaisir. Cette rencontre s’est déroulée sous de très bons hospices et, qui plus est sous, un soleil radieux et même dévastateur pour certains….

Satisfaits de cette rencontre nous avons déjà prévu de remettre la chose cet hiver avec randonnée en raquette le jour et concours de raclette le soir !!!!

Départ tranquille vers 10h30 du parking du Col du Calvaire (1.144 m) au-dessus d’ORBEY.

Nous avons suivi le GR5 et traversé une agréable petite forêt en pente légère qui déboucha sur un décor de bruyères, puis des chaumes.

Il s’agit d’une zone naturelle protégée : la réserve naturelle du TANET-GAZON-FAING qui fait partie des Réserves Naturelles de France. L’association des trois noms de la réserve vient des trois grands types de milieux rencontrés :

TANET : nom germanisé du sapin (forêt) ;

GAZON : désigne les pelouses d’altitudes (chaumes) ;

FAING : zones marécageuses (tourbières) à la végétation d’une lande nordique.

Sa superficie est de 505 Ha pour une altitude moyenne de 1.160 à 1.306 m.

Lacs 0006Nous avons traversé le Gazon du Faing, situé sur la ligne de crête entre le col du Bonhomme et le col de la Schlucht. Ce sommet presque plan aux abords arrondis présente un flanc assez abrupt du côté alsacien, donnant naissance à une auge glaciaire qui abrite le lac Noir 350 mètres en contrebas.

Le panorama vers le val d’ORBEY et le val de MUNSTER est remarquable.

A la fin de ces chaumes nous attendais une descente vertigineuse mais tout de même accessible. Avant de l’entamer, nous profitâmes d’un promontoire rocheux pour faire une pause et admirer la vue sur la plaine, le cirque granitique et sur le Lac des Truites.

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Ce sentier n’était pas facile et genoux et cuisses furent mis à rude épreuve ! La dénomination actuelle du lac est due à une confusion. En effet, son nom d’origine était lac du FOEHRLE qui signifie « entouré de petits pins », de l’Allemand Föhre. Or, comme les abbés de MURBACH utilisaient ce lac comme vivier de truites, Forellen en Allemand, le nom a été déformé en Forlen, puis en Forlet et traduit en lac des truites !

Profond de 11 m et à une altitude de 1.060 m, c’est le plus élevé des lacs vosgiens.

Entre 1849 et 1853, des travaux pour curer et endiguer le lac et assurer, en été, un débit suffisant à la FECHT ont été entrepris. Le barrage du Forlet, ouvrage de classe C, est constitué d’une digue composite en terre compactée avec masque amont en maçonnerie et paroi centrale mince en béton. La hauteur maximale de l’ouvrage au-dessus du terrain naturel est de 11,30 mètres pour une longueur de 130 mètres.

Il était aux environs de 12h30 lorsque nous nous y sommes arrêtés pour déjeuner et laisser les chiens y faire trempette !

Une fois  rassasiés, nous repartîmes pour une légère montée au travers d’une forêt. Le chemin devint plus plat et l’on profita d’une belle vue sur le Petit-Ballon. Arrivé au col, nous descendîmes sur le Lac Noir par un sentier raide et rocailleux.

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Le lac Noir est un lac d’altitude (955 m) profond de 45 m et dont la particularité est la centrale hydro-électrique qu’il abrite. Construite entre 1928 et 1933 par René KOECHLIN, c’est la première Station de Transfert d’Énergie par Pompage/Turbinage (STEP) du monde ! Le lac Noir est relié au lac Blanc (120 mètres plus haut) par une conduite qui permet la production d’électricité par turbinage aux heures pleines ou la recharge du lac Blanc, par pompage aux heures creuses. Elle développe une puissance de 80 MW pour 4 alternateurs.

Lors de la mise en exploitation en 1934, la canalisation qui relie les deux lacs se rompt. L’eau s’abat sur le toit du bâtiment et celui-ci s’effondre. L’accident provoqua la mort de neuf personnes, et laissa un seul survivant. L’usine fut remise en service en 1938.

A l’arrêt depuis des inondations en juillet 2002, la centrale sera remplacée par une station plus petite mais plus efficace avec 50 MW produits pour 1 alternateur.

Le Lac Noir a servi de décor à différents films français ainsi qu’à la bande dessinée l’Usine Électrique.

Nous avons profité de l’auberge pour prendre une petite collation.

Une fois rassasiés, nous empruntâmes le Sentier Cornelius. Après une première partie assez escarpée, le petit sentier rejoint un large chemin puis un autre petit sentier juste avant d’arriver au Lac Blanc.

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Ce lac d’altitude (1.055 m), profond de 72 m, est dominé par une statue de la Vierge, perchée sur le rocher Hans. Une école d’escalade s’y est d’ailleurs installée. Des cascades de glace allant jusqu’à 100 mètres de hauteur sont visibles en hiver dans les environs du lac. Le Lac Blanc dispose d’une station de sports d’hiver, Cainsi que d‘un parc d’aventures, un paint-ball, un bureau d’accompagnateurs en moyenne montagne et depuis 2007 le 1er Bike Park des Vosges.

La distance jusqu’à la fin de la randonnée étant relativement faible, nous fîmes une belle pause le long des berges du lac avant de suivre le Rond rouge jusqu’à l’arrivée au parking du Col du Calvaire.

 

Nuité :

Non loin du parking, nous avons établi un campement de fortune.

Comme des camarades sont venus nous rejoindre en fin d’après-midi, ils ont pu se charger de faire des courses et de nous remonter des produits frais que nous avons partagés avec joie jusque tard dans la nuit.

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Prochaine randonnée fin septembre dans les forêts mystérieuses du Taennchel avec une large pause dédiée à l’utilisation de matériel de survie : les couteaux, leur affûtage, l’allumage et l’entretient du feu, l’installation d’un campement, etc….

Nous vous y attendons nombreux.

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Champ de bataille du Hartmannswillerkopf

4 avril 2013

Notre deuxième randonnée nous a menés sur le champ de bataille du Hartmannswillerkopf.  Le brouillard était de la partie et bien que la marche ne fut pas des plus longues en termes de distance, elle le fut au niveau du timing car nous avon fait de nombreux arrêts et de nombreuses visites de vestiges. Nous remercions d’ailleurs notre guide, le président des Amis du HWK (www.ahwk.fr).

Départ à 09h30 du parking du HIRTZENSTEIN   546 m

Le rocher du HIRTZENSTEIN est un dyke de quartzite qui surgit de la faille vosgienne. La dureté de la roche lui a permis de mieux résister à l’érosion que le grès environnant. En 1265, Berthold de STEINBRUNN y construisit un château. Durant les révoltes paysannes du début du XVIème siècle, il était défendu par Guillaume Rodolphe de WATTWILLER. Fortement endommagé durant la guerre de Trente Ans, il ne survécut pas à la Révolution française.

Le HIRTZENSTEIN fut occupé par les Allemands à partir du 19 janvier 1915 ou le 1er Rheinische Infanterie Regiment 25 l’arrache aux hommes du 28ème Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA). Il sera repris par les Français le 26 mars 1915, repassera sous contrôle allemand le 25 avril. Le piton rocheux sera fortifié à ce moment là. Ils y creuseront une grande galerie munie de chambres latérales. Cette galerie, dont l’entrée est située à l’est débouche au sommet par un puits vertical. Elle est maintenant murée pour préserver une colonie de chauves-souris. Le HIRTZENSTEIN sera repris par le 27ème et le 28ème BCA au cours de l’offensive française du 21 décembre 1915. Ils s’y maintiendront jusqu’au 8 janvier 1916, date de la dernière grande offensive au HWK. Le rocher restera entre les mains des Allemands jusqu’à l’armistice. 

Dès les premières fortifications, nous apprîmes une anecdote au sujet des bunkers. La plupart est faite de tôles ondulées. Certaines sont pourries, d’autres, protégées par une galvanisation à chaud tiennent depuis bientôt cent ans. Le hasard de l’histoire fait que ces tôles galvanisées étaient une commande française à l’Allemagne, afin de faire les arches du métro parisien !

Première pause au cimetière des Uhlans :   600 m

L’endroit est aussi insolite que perdu et au combien émouvant…

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A l’écart des sentiers les plus fréquentés, à 600m d’altitude, se blottit ce cimetière peu ordinaire fait de pierres taillées qui lacement des tombes de soldats exhumés après la guerre. Il doit son nom à la dizaine d’uhlans (die Uhlanen), cavaliers allemands équipés de longues lances, qui y ont été enterrés en avril 1915. On y enterra aussi d’autres soldats allemands, comme en témoignent des stèles qui mentionnent le 56ème Landwehr Infanterie Regiment (LIR) et le 4ème Garde-Jäger Batallion (GJB).

Nos pas nous menèrent ensuite à la cantine ZELLER :   664 m

Nous y fûmes très bien accueillis par la personne de garde ce jour-là et pûmes même visiter les souterrains.

Nous profitâmes de la chaleur et de la convivialité de l’endroit pour prendre une collation.

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La cantine ZELLER se trouve sur la voie serpentine dans la courbe 2. Ici se trouvaient l’État-major allemand du secteur II et le village des pionniers (Pionierdorf) qui comprenait une librairie, un coiffeur, un photographe, un cabinet médical avec dentiste, une cuisine, une chapelle et le cercle des officiers. L’offensive française de décembre 1915 s’arrêta à seulement cent cinquante mètres au-dessus.

Le site a été restauré et le chalet et la chapelle reconstruits. Une auberge y est ouverte durant l’été. Le lieu est dénommé cantine ZELLER en hommage à madame Anna ZELLER qui y vécut entre 1926 et la fin des années 70.

Ensuite nous prîmes la voie serpentine, un ancien sentier qui fut agrandi et aménagé afin de monter du ravitaillement sur le front. En suivant ce chemin jusqu’au sommet, nous avons découvert de nombreux vestiges comme un emplacement d’obusier (Minenwerfer) dont il reste encore les traces au sol.

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Après un déjeuner frugal au pied de la croix sommitale à 957 m, nous sommes repartis vers les lignes françaises.

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Puis,  nous sommes arrivés au cimetière du Silberloch et à la nécropole.

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On peut distinguer deux parties distinctes sur le site du Hartmannswillerkopf aujourd’hui : d’une part le monument national constitué de la crypte et du cimetière militaire du Silberloch ; d’autre part le champ de bataille avec ses vestiges et ses monuments.

Dans la crypte se trouve un ossuaire qui renferme les restes d’environ 12.000 soldats inconnus ainsi que des armes et équipements récupérés sur le champ de bataille. Le cimetière comprend 1.264 tombes de soldats français identifiés ainsi que six fosses communes. Lors des combats de 1915 et 1916, c’est environ 30.000 jeunes européens qui sont morts sur les pentes de cette montagne.

Sur le champ de bataille se trouvent de nombreux vestiges des combats (tranchées, abris et fortins bétonnés) ainsi que des monuments dont les deux les plus célèbres sont la croix sommitale illuminée en béton armé de 20 m de haut et le monument en bronze du 152ème RI.

Au niveau des vestiges d’époque, on constate l’emploi massif du béton armé du côté allemand alors que les tranchées françaises sont plus sommaires, ce qui traduit la volonté défensive de leur territoire par les premiers et la logique offensive des derniers qui considéraient donc que leurs ouvrages n’étaient que provisoires.

De retour sur la crête du Hartmannswillerkopf, nous avons découvert l’arrivée du téléphérique qui venait de la plaine Alsacienne, mais aussi la machinerie de plusieurs centrales à air comprimé. Celui-ci était destiné à alimenter des marteaux piqueurs afin de favoriser le creusage de la roche pour faire de nouveaux abris; mais aussi à renouveler l’air des bunkers et à les maintenir en pression lors des attaques de gaz françaises.

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Avant d’attaquer la descente, une photo souvenir devant le monument en bronze du 152ème RI nous semblait inévitable.

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Notre visite touchait à sa fin, il ne nous restait plus qu’à redescendre aux voitures en empruntant la fameuse Suisse Lippique:

Le balisage emprunte la tranchée qui descend le flanc du HWK depuis l’Untere Rehfelsen, c’est la tranchée de la Suisse Lippique. C’est une remarquable tranchée allemande maçonnée et profonde de 2m50 par endroit. Le nom semble provenir d’une région du Nord de l’Allemagne, la LIPPE et du caractère montagneux du secteur ressemblant à la Suisse ! Cette tranchée est analogue à celle de la Himmelsleiter. Elle est constituée de nombreux abris souterrains et de positions de Minenwerfer. La plupart sont situés sur le côté gauche lors de la descente donc à l’arrière de la tranchée.

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Bonnes chaussures et prudence furent de rigueur ; la tranchée est non seulement haute mais surtout étroite, par moment à peine la largeur d’un sac à dos…

Nous passâmes devant l’abri Hexenküche (cuisine des sorcières). Cette zone très exposée aux tirs méritait bien son nom.

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Lac d’Alfeld

22 mars 2013

Amis Wandervogel bonjour,

La première randonnée de cette année 2013 n’a, hélas, pas profité des bon hospices de la météo ; ni d’ailleurs de ceux de la participation… Nous ne fûmes pas nombreux à affronter la neige et le brouillard de la vallée de MASEVAUX, malgré la présence d’une petite héroïne de 12 ans !

Toutefois, nous avons fait la connaissance d’un nouveau venu fort intéressant. Sa présence nous a d’ailleurs permis d’apprendre bien des « secrets » sur la Nature et la vie au Grand Air. Durant toute la randonnée, il nous a conseillé de prendre des morceaux de d’écorce de bouleau mais aussi certaines herbes… Mais pourquoi ????

L’écorce de bouleau un produit quasiment magique. S’il existe beaucoup d’allume-feux naturels, l’écorce de bouleau est certainement l’un des meilleurs, du moins dans le Nord de l’Europe. Elle brûle facilement (même mouillée), longtemps, et produit de grandes flammes. Un morceau de 5 cm x 5 cm peut brûler pendant presque une minute ! Cette écorce regorge de goudron naturel, ce qui lui permet de s’enflammer avec une source de chaleur assez puissante comme un firesteel.

Le principe est de prendre de l’écorce de bouleau ou d’autres éléments dans ses poches au fur et à mesure de sa randonnée, ainsi on pourra facilement allumer un feu n’importe quand. L’écorce s’exfolie en lamelles superficielles qui ressemblent à du papier et qui se détachent presque toutes seules. Pour obtenir de l’écorce, veiller à « arracher » non seulement la partie exfoliée, mais aussi une couche un peu plus profonde, épaisse de près d’un 1 mm et plus liégeuse. Par respect pour la Nature, il ne faut pas creuser trop le tronc et faire attention à ne pas prendre tout le tour du tronc, ainsi, l’arbre, toujours sur pied, pourra continuer sa croissance.

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Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique, il symbolise la sagesse. Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves : březen en tchèque ou березень en ukrainien. Il s’agit d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.

Si le frêne (ask) est l’arbre symbolisant les mythologies scandinaves, le bouleau (bjørk ou bjerk) est un symbole nationaliste norvégien. De même, en Russie, le bouleau est considéré comme l’arbre national et fêté chaque année durant la Semaine Verte en début juin.

Départ à 09h45 du parking de l’ancienne gare à la sortie d’OBERBRUCK

Montée rapide et direct en direction du Gresson moyen (967 m) où nous avons rencontré beaucoup de neige et de brouillard.

Gresson 

Puis nous sommes descendus par un beau pierrier et en empruntant l’ancien canal de remplissage jusqu’au Lac d’Alfeld (622 m)

Pierrier

Canal.xnbakBassin artificiel d’une superficie d’environ 10 hectares pour 22.1m de profondeur. Ce lemande de l’Alsace-Lorraine, une digue de 30 mètres de haut commence à être élevée. Le barrage a été mis en eau en 1884. Saluée comme une prouesse technique, la digue est inaugurée le 10 juillet 1888 en présence de l’empereur Guillaume II. Une stèle commémore l’événement. L’aménagement est constitué de deux ouvrages, le grand mur sur la rive gauche et le petit mur, séparé par un rocher :

_ Un petit : 12m de hauteur et 74m de long à la crête.

_ Un grand : 23m de haut et 255m de long à la crête. Le grand mur est composé d’un morceau courbe de rayon de 180 m environ, posé sur deux morceaux rectilignes, ceci permettant de faire « travailler » le barrage en voûte.

Le mur de maçonnerie (4m d’épaisseur en haut, 18m à sa base) étant insuffisant pour retenir toute la poussée de l’eau, il a été complété en 1895 par un remblai de terre et de roches, doublant son épaisseur.SAMSUNG

Vu le nombre de participants et la météo, nous avons changé l’itinéraire et sommes montés nous restaurer à l’abri dans un chalet surplombant le lac. Au passage nous avons fait un arrêt aux cascades et notre nouveau camarade nous a conseillé de ramasser certaines feuilles. En effet, il nous a appris que la cascade et le ruisseau qui l’alimente tirent à eux l’humidité de la terre. Aussi les plantes jaunies poussant à quelques mètres sont sèches, bien que la météo soit humide.

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Herbe

Arrivés au lac d’Alfeld, nous avons eu droit à une démonstration de départ de feu avec la récolte du jour et un Firesteel.

Le Firesteel est une barre de ferrocérium produisant une gerbe d’étincelle lorsqu’il est gratté. Développé par le ministère de la défense suédois, il est fabriqué, entre autres, par la société Light My Fire. Les étincelles produites s’élèvent à une température voisine de 3.000 °C, ce qui permet d’enflammer divers matériaux tels que le coton, le bois gras et des herbes sèches. Le firesteel est apprécié pour sa durée de vie et sa robustesse. On trouve énormément de modèles dans le commerce dont le modèle Scout (petit) et Army. Ces modèles ont des durées de vie proportionnelles à leur taille, allant de 3.000 à 12.000 utilisations.

Nous ne pouvons que vous recommander d’investir dans ce petit gadget et surtout d’apprendre à l’utiliser. Vous en trouverez par exemple à l’adresse suivante :

http://www.baroudeur-altitude.fr/materiel-de-bushcraft-de-rando-faire-du-feu/17-pierres-a-feu-firesteel-2-scout.html

Il faut disposer l’écorce et les feuilles sur un support relativement dur afin d’éviter que le firesteel ne s’enfonce dans le sol et pour le protéger de l’humidité. Dans un premier temps il faut frotter doucement le firesteel afin de produire une certaine quantité de poudre. Puis, quelques coups secs produiront des étincelles qui elles-mêmes allumeront la poudre fabriquée avant ainsi que l’écorce. Le feu une foi lancé, il n’y a plus qu’à l’entretenir.Feu

Après cette démonstration, nous sommes redescendus jusqu’au lac de SEWEN et l’église de SEWEN (504 m).

Sewen

Sewen vient du celte « see ven » : « près du lac ». Dans ce village de 530 habitants se trouve l’église Notre Dame. Bâtie sur un verrou glaciaire, au milieu d’un cimetière fortifié, l’église se compose d’un chœur carré gothique surmonté d’un clocher du 13ème siècle (années 1250) et de la nef actuelle datant de 1492. Dans le cimetière se trouve un ossuaire datant du 15ème, transformé en chapelle et classé aux Monuments Historiques depuis le 26 avril 1921. L’église du village était jadis un lieu de pèlerinage couru où l’on venait « ressusciter » les enfants mort-nés, les baptiser et leur ouvrir l’accès au ciel…

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Enfin nous avons suivi la piste cyclable jusqu’à OBERBRUCK (466 m)

Cette piste cyclable, dite «  Voie verte de la vallée de la Doller » s’étend sur 20 km de la gare de BURNHAUPT à celle SEWEN. Elle reprend le tracé de l’ancienne ligne CERNAY – SEWEN. Le tronçon de CERNAY à SENTHEIM fut construit par la Compagnie des Chemins de Fer de l’EST en 1868-69 et inaugurée le 30 juin 1869. En 1870, la ligne se retrouva en territoire annexé et le prolongement jusqu’à SEWEN fut construit par la Deutsche Reichsbahn en deux temps: jusqu’à MASEVAUX en 1884 puis jusqu’ à SEWEN en 1901. La ligne fait alors 27,5 kilomètres et draine les voyageurs jusqu’au pied du massif vosgien, point de départ d’excursions vers le Ballon d’Alsace, les lacs de SEWEN, d’Alfeld, etc… C’est entre 1920 et 1940 que la fréquentation atteignit son maximum alors qu’elle était utilisée par des ouvriers.

Puis le trafic voyageurs décrut et cessa en 1967. La ligne fut déclassée en août 1973. L’association du Chemin de Fer Touristique de la Vallée de la Doller inaugura la liaison CERNAY – SENTHEIM le 20 juin 1976, reprenant le trafic en traction vapeur. Quant à la portion de SENTHEIM à SEWEN, elle fut démontée et ce tracé a été utilisé pour la création de la piste cyclable.

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Week-end au vert

15 novembre 2012

WEEK-END AU VERT…

Pour le premier week-end de novembre, nous avions rendez-vous dans le Haut-Doubs, non loin de MOUTHE dans le Parc Naturel Régional du Haut-Jura. Cette ville est particulièrement renommée pour détenir le record de la température la plus basse jamais enregistrée en France avec -36,7 °C relevés officiellement en 1967, puis -41 °C en 1985 ! Cette région particulièrement froide lui a valu le surnom de « Petite Sibérie ».

 

C’est avec nos Kamarads suisses, savoyards et franc-comtois que nous allons partager un merveilleux périple…

 

Une fois habillés, nous quittons nos véhicules et commençons notre aventure en longeant un vieux mur de pierre qui marque la frontière avec la Suisse. Après deux heures de marche il est grand temps de casser la croute et de faire notre première activité : du piégeage.

Notre groupe est divisé et les équipes reçoivent différents scenarios. La première a pour objectif de fabriquer un piège pour le gros gibier ; la seconde pour le petit gibier et une dernière doit sécuriser un ancien chalet. Ce premier exercice fut, dans l’ensemble, riche d’enseignement et bien réussi.

 

En ces grises journées d’automne, l’après-midi passe vite. Voilà qu’il est déjà l’heure de souper. La nuit commence à tomber, le vent se lève doucement, nous annonçant qu’il ramène la pluie ! Le feu est maintenant assez fort pour chauffer nos gamelles et nos corps rafraîchis par la même occasion. C’est aussi le moment de faire plus ample connaissance et de partager un bon vin. Depuis des millénaires, l’Homme se regroupe autour du feu. C’est le symbole du foyer, de la famille, du clan ! Quoi de mieux alors pour entamer des sujets tant politiques que spirituels. Tout y passe, de l’Atlantide aux pyramides, en passant par Thulé, les trolls et les géants… Tant de sujets si mystérieux, propres à l’âme européenne et qui nous laissent ô combien rêveurs. C’est âpres l’intervention d’un Kamarad savoyard sur les origines de la « Prinz Eugen » (nom de la 7ème SS Freiwillige Gebirgs Division « Prinz Eugen », première unité de la Waffen SS entièrement composée d’étrangers) que nous devons reprendre le chemin.

 

La nuit est maintenant totalement tombée et seules de fine lumières se laissent entrevoir au fond de la vallée. La lune, quand les immenses nuages noirs ne la cache pas, se reflète sur le lac de Joux qui nous parait étrangement lointain… Nous marchons en colonne et décidons de ne pas utiliser nos lumières, ni de faire de bruit. Après des heures de marche à travers forets, clairières et quelques rares habitations, nous arrivons sur une ligne de chemin de fer. Nous la suivons pour arriver à une gare.

Une fois sur place, nous profitons du peu de temps que nous avons pour nous reposer et nous ravitailler en eau. Puis, nous prenons un train qui nous arrête au bord du lac. Nous traversons un petit village que l’heure tardive a rendu comme mort. Puis, nous cherchons un endroit pour passer la nuit.

Il est maintenant plus de 23h et il s’est mis à pleuvoir, quand nous trouvons une vieille bergerie ouverte. Un feu dans un vieux poêle mal entretenu nous permettra de sécher nos vêtements et de réchauffer ceux qui n’ont pas pris de sac de couchage.

 

Le lendemain, après avoir déjeuné et rassemblé nos affaires nous attendons l’arrivé d’un autre groupe suisse. Ainsi, une bonne partie de la matinée sera consacrée à une conférence certes intéressante, mais trop à l’échelle helvétique à notre goût…

Il est maintenant l’heure de nous remettre en marche. La pluie tombe sans discontinuer mais courage, il ne reste plus que deux heures avant de rejoindre les véhicules.

 

Une fois arrivés, le moment est venu de prendre notre dernier repas ensemble et de faire un débriefing sur cette expérience.

Dans l’ensemble, nous pouvons dire que tout le monde a fait de belles et riches rencontres. De bonne discutions ont animé la marche et la veillée. Les différents exercices ont été réussis et appréciés de tous, quant aux paysages, ils restent toujours magnifiques….

 

Aussi, chers Kamarads suisses, savoyards et franc-comtois, mais aussi toi, lecteur de ce blog, nous espérons réitérer au plus tôt un tel week-end. Que vous soyez aventureux ou plus timorés, osez nous rejoindre ! Ne vous contentez pas que de venir à nos gueuletons, mais franchissez le pas et venez avec nous vivre une expérience originale de véritable camaraderie, de mise au vert et d’enrichissantes découvertes.

Comme SAINT LOUP l’enseignait dans ses livres, devenez, histoire d’un week-end, des nouveaux « copains de la belle étoile » !

 

A. Wwf